Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Comme un Béréen

Scandale et Honte

24 Mars 2021 , Rédigé par Comme un Béréen Publié dans #Confusion, #Ministères, #vie chrétienne

Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume! Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux, Et qui se croient intelligents! (Es 5:20-21)

Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume! Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux, Et qui se croient intelligents! (Es 5:20-21)

Scandale et Honte

Est-ce que « I Tim 5:20 » est véritablement un message selon Jésus Christ ?

 

I Tim 5:20
Ceux (les anciens) qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte.

Est-ce que cette façon de procéder, que l’apôtre Paul a écrite à Timothée, afin qu’il sache comment procéder dans l’Eglise, pour exercer son ministère, est une méthode inspirée selon la nature de Christ ou juste une façon personnelle de Paul, qu’il ne faudrait pas appliquer comme on appliquerait, par exemple, de façon doctrinale, le baptême à ceux qui se sont convertis ?

D’autant que Paul, lui, ne dit pas de procéder ainsi, de façon exceptionnelle, dans certains cas seulement, mais il rajoute, au contraire, juste après, pour bien que Timothée n’y voit pas un cas exceptionnel :
I Tim 5:21
Je te conjure devant Dieu, devant Jésus-Christ, et devant les anges élus, d'observer ces choses sans prévention, et de ne rien faire par faveur.

 


I /   Scandale et repentance

Lc 17:1-4
Jésus dit à ses disciples: Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent ! Il vaudrait mieux pour lui qu'on mît à son cou une pierre de moulin et qu'on le jetât dans la mer, que s'il scandalisait un de ces petits. Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le; et, s'il se repent, pardonne-lui. Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, -tu lui pardonneras.

Mt 18:1-17
En ce moment, les disciples s'approchèrent de Jésus, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même.
Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer.
Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive!
Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel. Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n'ayant qu'un oeil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans le feu de la géhenne. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l'homme est venu sauver ce qui était perdu.
Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée? Et, s'il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits.
Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain.

 

 

  1. Qui fait le scandale ?

Qu’est-ce que Jésus a bien voulu dire par cette phrase : « mais malheur à celui par qui les scandales arrivent » ?

Il ne faudrait surtout pas se méprendre sur le sens de cette phrase, car il semblerait que, très souvent, cette phrase soit comprise dans le sens de « Malheur à celui qui dévoilerait le scandale , c’est-à-dire malheur à celui qui mettrait à la lumière le péché de son frère, car il n’est pas bon qu’on vienne troubler le calme apparent ». Ainsi on en arrive à penser que celui qui scandalise est celui qui agite l’atmosphère qui était calme, est celui qui perturberait le calme qui régnait avant que l’on en vienne à s’occuper du péché du frère.
Or si on gardait cette façon de comprendre ce qu'est "scandaliser quelqu'un", alors dans ces conditions, Jésus qui entre avec un fouet dans le temple et renverse toutes les échoppes des marchands, mettant alors une agitation là où tout "roulait bien" juste avant, parce que Jésus dévoile le péché de cupidité et d'avidité qui est entré dans la gestion des affaires du temple, pourrait être déclaré comme quelqu'un qui fait un scandale dans le temple. Or Jésus n'a jamais fait de scandale selon la définition que la Bible veut qu'on comprenne, car, sinon, Jésus aurait été sous la malédiction qui repose sur celui qui fait un scandale. Le fait est que le mot "scandale" tel qu'il est employé dans les passages des écritures ci-dessus, ne correspond pas à la définition du mot "scandale" tel qu'on le comprend de nos jours. 

Ainsi au risque de contrarier la compréhension qui semble régner de façon dominante, de nos jours, dans nos églises, comme étant l’interprétation doctrinale à tirer de cette sentence de Jésus, il serait bon de rechercher ce que Jésus a véritablement voulu dire.

Le terme employé ici, dans la version originale, pour le mot "scandale", est le mot :
skandalon =
1. le bâton mobile ou détente d'un piège,
- une trappe, un piège ;
- tout obstacle placé sur le chemin et faisant tomber quelqu'un (une pierre d'achoppement, une occasion de chute) c.à.d. un rocher qui fait trébucher
2. toute personne ou chose par laquelle quelqu'un est amené à l'erreur ou au péché.

Et on voit très bien ce qui est alors compréhensible dans cette expression « celui par qui les scandales arrivent », lorsqu’on lit  Mt 13:41 : Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales (skandalon ) et ceux qui commettent l'iniquité.

Ainsi « ceux par qui le scandale arrive » ne sont pas du tout ceux qui révèleraient le péché d’un frère, même en le révélant à toute l’assemblée, si tout a été fait selon la procédure énoncée dans la Bible et selon le Saint-Esprit ; mais il s’agit de ceux qui tendent un piège ou qui sont eux-mêmes un piège pour faire pécher un enfant de Dieu. Il s’agit de ceux qui emmènent un enfant de Dieu à désobéir à Dieu, en indiquant un mauvais chemin qui est un chemin d’égarement, ou de ceux qui, suivant un chemin d’égarement eux-mêmes, peuvent alors être une occasion de chute pour un frère qui serait entraîné à suivre le chemin piégé qu’on lui indique ou qu’on pratique nous-mêmes, puisqu’il semblerait qu’on puisse y marcher, comme on lui fait penser que ce chemin est le bon chemin. Voilà ce qu’est un piège et donc ce qu’est "scandaliser un petit enfant de Dieu".
Et on comprend d’autant mieux cela si on lit ce qui précède Mt 18:1-17, comme Mt 18:1-17 commence par l’expression «  En ce moment » et qui met alors en relation Mt 18:1-17 et Mt 17:24-27 qui arrive juste avant.
Mt 17:24-27
Lorsqu'ils arrivèrent à Capernaüm, ceux qui percevaient les deux drachmes s'adressèrent à Pierre, et lui dirent: Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes? Oui, dit-il. Et quand il fut entré dans la maison, Jésus le prévint, et dit: Que t'en semble, Simon? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts? de leurs fils, ou des étrangers? Il lui dit: Des étrangers. Et Jésus lui répondit: Les fils en sont donc exempts. Mais, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, et tire le premier poisson qui viendra; ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi.
On comprend ici que Jésus fait remarquer à Pierre que pour ne pas être une occasion de chute pour les juifs, il faudra payer l’impôt (il s'agissait certainement de l'impôt pour l'entretien du Temple selon ce qui avait été dit aussi en Exo 30:11-13 pour l'entretien du Tabernacle), même si cela ne devrait pas être le cas. Bien que sachant qu'un fils ne devrait pas, normalement, payer l’impôt, Jésus ne veut pas que par son attitude, il soit une occasion de faire chuter les juifs qui ne comprendrait pas pourquoi Jésus se permet de ne pas payer l'impôt du Temple. Jésus veut éviter que son attitude, que le chemin qu’il prendra, ne soit un chemin que les autres prendraient pour un droit à la rébellion envers ce qui avait été établi, parce qu’ils ne sont pas encore dans la révélation que Jésus est le Fils de Dieu. Oui, Jésus a payé l’impôt du Temple selon ce qui a été établi, bien que cela n’aurait pas dû être le cas, normalement, puisque Jésus est le Fils de Dieu et que le Temple est son temple, la maison de Dieu (comme Jésus dira que le Temple, sa maison, devait être une maison de prière = Mt 21:12-13) . Mais comme la situation était ce qu’elle était et que tous ne comprenaient pas que Jésus est le Fils de Dieu, alors Jésus n’a pas pris un chemin qui aurait été un chemin de scandale (= un chemin emmenant à penser que la rébellion par rapport à ce qui avait été établi, donc un péché, était possible si on suivait l'exemple de Jésus). On voit donc que ce que l’expression « scandaliser » veut signifier = entraîner un autre dans le chemin du péché.

Ainsi, bien au contraire, si on voit qu’un frère s’égare hors du chemin de Dieu, et qu’alors on lui fasse constater que le chemin sur lequel il marche est un chemin de péché, un chemin qui va donc l’éloigner de Dieu, on est justement en train de faire le bon travail du berger qui va sauver la brebis qui s’égare.
Et si le frère ne veut pas comprendre que ce chemin est véritablement un piège, un chemin qui éloigne loin de Dieu, alors Jésus dit qu’on peut même être emmené à aller jusqu’à la solution de le dire devant toute l’assemblée, pour faire prendre conscience au frère qu’il s’agit d’un chemin d’égarement (et qu’il se fait piéger dans le péché), comme 2 ou 3 frères lui confirmeront bien cette vérité, et même toute l’assemblée qui confirmera aussi que le chemin est un égarement (et l’assemblée, elle-même, sera alors, elle aussi, avertie que ce chemin suivi par ce frère est un chemin d’égarement, car si rien n’est dit contre ce chemin, alors d’autres frères pourraient aussi se mettre à penser que ce chemin est compatible avec le fait de suivre le Seigneur et alors, ce serait un piège aussi pour ceux qui ne sont pas affermis dans la vérité).

Certes, il ne s’agit pas de faire les choses n’importe comment et de colporter n’importe quoi, mais si le péché est avéré et qu’on soit emmené à faire les choses avec l’Esprit de Dieu qui mènera alors à la procédure énoncée dans la Bible, il se peut très bien qu’on soit emm:ené à mettre à la lumière un péché -non-abandonné et qui pourrait être une occasion de chute aussi pour les autres qui ne prendraient pas, alors, ce chemin pour un chemin d’égarement.
Si quelqu’un emprunte un chemin qui mène à la perdition et que personne n’avertisse que ce chemin mène à la perdition, alors d’autres pourraient penser que ce chemin n’est pas aussi condamnable que ça et ne mène pas à la perdition, tout comme Adam a suivi Eve dans le « chemin de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », puisqu’Eve s’y est engagé et n’a pas été jugée avant qu’Adam lui-même ne mange du fruit (car l’interdiction de manger ce fruit avait été donnée à Adam, par Dieu, et non pas directement à Eve : voir la fiche « La nécessité d’enseigner » ).Eve pouvait alors être considérée dans le cas de ceux qui, pouvant manger de tout car Dieu ne leur aurait rien dit directement sur cet aliment, emmènent alors une autre personne à souiller leur conscience car cette dernière a en elle, une interdiction de manger cet aliment (voir aussi l'histoire du vieux prophète et de l'homme de Dieu en I R 13 - fiche Suivre celui qui suit ce que je veux ). Eve a donc été celle qui a emmené Adam à se souiller, car elle-même n’avait pas reçue directement de Dieu, l’interdiction de manger le fruit défendu. Eve a "scandalisé" Adam.
I Co 8 :13 C'est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère. (si le fait de manger cet aliment est perçu comme un péché par la conscience du frère ; et d’autant plus aussi, si le frère a véritablement reçu directement de Dieu l’interdiction de manger cet aliment, ce qui était le cas d’Adam). 

Alors oui, le fait de mettre à la lumière ce péché, va peut-être troubler l’ordre apparent qui semblait régner lorsque personne ne venait s’opposer à cette pratique dangereuse, mais ce n’est pas celui qui met en lumière l’égarement, au risque de troubler la fausse paix d’apparence qui régnait  avant que tout cela n’éclate, qui fait le scandale mais c’est bien celui qui tendait un piège emmenant au péché ou qui était lui-même un piège pour les autres par le chemin de péché dans lequel il pouvait entraîner les autres (comme Eve a entrainé Adam a péché contre l’ordre que Dieu avait donné directement à Adam).

Et c’est très précisément ce qu’on comprend dans ce passage entre le roi idolâtre Achab et le prophète Elie qui vient certes troubler le calme apparent qui planait en Israël, lorsque personne ne venait s’opposer au chemin d’égarement dans l’idolâtrie que le couple royal, Achab et Jézabel, faisait prendre à tout le peuple.
I R 18:17-18
A peine Achab aperçut-il Elie qu'il lui dit: Est-ce toi, qui jettes le trouble en Israël? 
Elie répondit: Je ne trouble point Israël; c'est toi, au contraire, et la maison de ton père, puisque vous avez abandonné les commandements de l'Eternel et que tu es allé après les Baals.

C’était le roi Achab qui abandonnait le chemin de Dieu et entraînait le peuple d’Israël dans l’idolâtrie et l’égarement, qui était celui qui emmenait le scandale et non pas Elie qui dévoilait cet égarement. Certes, Elie entraînait alors une rupture de la quiétude apparente dans le pays qui était tout entier endormi dans le péché, endormissement qui évitait alors, bien-sûr,  les désaccords qui peuvent opposer la vérité et le mensonge. Evidemment, quand tout le monde est dans le même égarement, il n’y a pas d’opposition dans le peuple !
Mt 10:34-36
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée. Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison.

Ainsi celui qui emmène le scandale, est celui qui fait le scandale, est celui qui est dans le chemin de l’iniquité et tendrait alors un piège à ceux qui le suivraient en pensant que c’est un chemin possible devant Dieu, et non pas celui qui révèle le péché et indique le piège de ce chemin qu’il faut éviter.
Et c'est ce qu'on voit dans la situation qui a opposé l'apôtre Paul à l'apôtre Pierre qui commençait à revenir à la loi et commençait alors à entrainer certains autres dans ce chemin d'égarement : alors Paul a repris Pierre devant tous, afin que tous sachent que ce chemin n'était pas un chemin compatible avec le "chemin Jésus". Oui, même un apôtre peut être repris, d'autant plus qu'il a des brebis, surtout les agneaux pas encore matures, qui le suivent et ne sont peut-être pas encore à même de discerner l'égarement. C'est pour ça que les anciens, que ceux qui enseignent, seront jugés plus sévèrement, car ils ont la charge de modèles qui sont là pour être eux-mêmes des guides pour ouvrir le bon chemin (Jacq 3:1) :
Gal 2:11-14
Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens; et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Voyant qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser?


Bien-sûr, si ceux qui proclament les affaires délicates, ne font que colporter du mensonge ou ne font pas les choses selon la Parole : alors oui, eux-mêmes sont dans le péché de médisance, de calomnie ou d’agir selon la chair; mais si tout est fait selon la vérité et selon la Parole, alors celui qui révèle le péché, n’est pas celui qui scandalise, mais c’est celui qui entraînait les autres dans le chemin du péché (ou qui fait une action qui pour lui n’est pas condamnante mais veut y entraîner un autre qui, lui, n’aurait pas la conviction, en lui, qu’il puisse faire cette action = exemple de ceux qui pensent qu’il peuvent manger de tout, contrairement à d’autres qui n’ont pas cette conviction Ro 14 :13-21) , qui est celui qui scandalise et qui est sous la condamnation : mais malheur à celui par qui les scandales arrivent !

II Sam. 12:1-12 - Rappelons-nous bien que c’est le roi David qui a péché et qui a caché son péché en utilisant son pouvoir pour maintenir un calme apparent dans la dissimulation, qui a été jugé par Dieu. Ce n’est pas le prophète Nathan qui a été jugé comme emmenant le scandale en Israël, parce qu’il aurait révélé le péché de David, conduit par l’Esprit de Dieu qui a emmené une sentence publique. (Dieu a dit à David, par l’intermédiaire du prophète Nathan, qu’il mettrait à la lumière publique le péché de David : « Car tu as agi en secret; et moi, je ferai cela en présence de tout Israël et à la face du soleil. »)

 

  1. La Justice est pour « le chemin de la repentance », pas pour « le pardon sans la repentance ».

D’autre part, dans Lc 17:1-4, on voit qu’il ne s’agit nullement de ne rien faire face au péché avéré d’un frère, puisque Jésus dit qu’il faut aller reprendre le frère qui a effectivement péché. Jésus n’a jamais prévu qu’il ne faille rien faire quand on constate que notre frère a péché : ce n’est pas selon Dieu de ne rien faire ! Jésus dit clairement : « Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le ». (voir la fiche : « Pour bâtir une arche, il faut des poutres » ). Oui, pour faire attention à nous-mêmes, pour veiller sur nous-mêmes, il faut bien remarquer qu'il n'est pas seulement dit qu'il faille pardonner mais il est dit, qu'avant même de pardonner, il faut reprendre le frère !
Ps 58:2

Est-ce donc en vous taisant que vous rendez la justice? Est-ce ainsi que vous jugez avec droiture, fils de l'homme?

Mais si Jésus donne l’acte qu’on doit poser et ne dit absolument pas de faire l’autruche (= ne pas faire le « je préfère faire comme si de rien n’était, comme si je n’étais pas au courant de rien »), Jésus donne aussi la façon de poser cet acte selon Dieu : « et, s'il se repent, pardonne-lui. Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, -tu lui pardonneras. ».
Jésus ose donc donner l’acte à poser qui est de reprendre le pécheur mais parce que Jésus prévoit la façon spirituelle de régler ce problème : si le frère se repent, alors on lui pardonne. L’acte de jugement est donc lié à l’état d’esprit de poser cet acte = on recherchera à pouvoir pardonner au frère, car c’est ainsi que Dieu agit à notre égard, pour nous-mêmes.(Faisons attention à la manière dont nous bâtissons sur Christ, donc sur ce que Jésus nous demande d'accomplir - I Co 3:10 )
Et pour comprendre cela, rappelons-nous la parabole du roi qui avait un serviteur débiteur et dont parle Jésus, juste après
Mt 18:1-17, après avoir dit de reprendre un frère qui était sur un chemin de péché :
Mt 18:23-35
C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs.
 Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son coeur.
Si Dieu nous pardonne, alors nous devons être tels que Dieu est et vouloir pardonner à ceux qui nous ont offensés, car le but visé en reprenant le frère, c’est d’en arriver au pardon du frère, pas à la destruction du frère.

 

Pourtant, ATTENTION…. !!! : La repentance ne peut pas être zappée pour donner le pardon
Il ne faudrait pas non plus aller trop vite dans l’excès inverse et zapper une expression très importante qui arrive juste avant l’ordre que Jésus donne, de pardonner à notre frère qui a péché : « et, s'il se repent, pardonne-lui. »
Oui, il y a un bien une condition, un « si », placés juste avant le « pardonne-lui » et cette condition qu’on ne peut pas zapper, parce que cela nous arrangerait trop bien de passer vite à la suite, afin de ne pas trop s’attarder sur ce qui ne fait pas plaisir à traiter, n’est pas anecdotique, car même avant la parabole du roi et de son serviteur débiteur de Mt 18:23-35, la Bible nous donne très clairement la procédure à suivre si le frère ne veut pas se repentir et ne permet donc pas d’aller à l’étape suivante du pardon :
Mt 18:15-17
Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère.
 Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain.
Encore une fois, on voit que Jésus veut qu’il y ait repentance avant le pardon, car il faut que ce soit le frère qui pèche qui demande le pardon, afin que la demande de pardon émane de l’âme qui pèche, car Dieu ne peut pas, car il ne le veut pas, forcer les pécheurs à accepter son pardon.
Ro 2:4
Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance?
C’est la limite que Dieu s’est donnée vis-à-vis de notre liberté qu’il a voulu nous laisser : Pendant le temps de la grâce, Dieu ne forcera jamais personne à le suivre, à venir à lui, donc Dieu ne forcera jamais une personne à accepter son pardon.
Alors, en tant que chrétiens, nous ne pouvons pas nous permettre de faire fi de la liberté des gens à décider eux-mêmes du chemin qu’ils veulent suivre. Or accepter de venir dans le pardon de Dieu, est une décision que le pécheur doit prendre pour lui-même, par lui-même : il faut que le pécheur veuille reconnaître, de lui-même, qu’il lui faille quitter son péché, quitter son chemin qui le mène à la mort, pour prendre le seul chemin qui est la vie véritable = le chemin de Dieu.
(voir la fiche : « Les holocaustes de Job », pour comprendre la religiosité de Job qui allait trop loin dans le pardon demandé de façon systématique pour ses enfants, alors que ses enfants n’étaient pas forcément en demande de pardon).

C’est pour ça que la procédure que Jésus a donnée, pour en arriver au pardon à donner à son frère qui a péché, ne peut pas passer outre la repentance du pécheur. Et si le pécheur ne veut pas se repentir pour revenir dans le chemin de Dieu (=lâcher son chemin de péché pour accepter le chemin de Christ) alors, bien que le pardon serait prêt à être donné juste après cette repentance, il ne peut pas y avoir de pardon, mais il y aura alors une "augmentation" de la procédure pour essayer d’en arriver à ce que le pécheur accepte de se repentir, en arriver à ce que le pécheur veuille de lui-même quitter le chemin d’égarement pour revenir sur le chemin de Dieu, de la vraie vie, pour pouvoir alors recevoir le pardon qui permet de pouvoir se replacer sur le chemin de Dieu.
 

Ez 18:21-29
Si le méchant revient de tous les péchés qu'il a commis, s'il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice, il vivra, il ne mourra pas. Toutes les transgressions qu'il a commises seront oubliées; il vivra, à cause de la justice qu'il a pratiquée. Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l'Eternel. N'est-ce pas qu'il change de conduite et qu'il vive?
Si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, s'il imite toutes les abominations du méchant, vivra-t-il? Toute sa justice sera oubliée, parce qu'il s'est livré à l'iniquité et au péché; à cause de cela, il mourra. Vous dites: La voie du Seigneur n'est pas droite. Ecoutez donc, maison d'Israël! Est-ce ma voie qui n'est pas droite? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites? Si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, et meurt pour cela, il meurt à cause de l'iniquité qu'il a commise. Si le méchant revient de sa méchanceté et pratique la droiture et la justice, il fera vivre son âme. S'il ouvre les yeux et se détourne de toutes les transgressions qu'il a commises, il vivra, il ne mourra pas. La maison d'Israël dit: La voie du Seigneur n'est pas droite. Est-ce ma voie qui n'est pas droite, maison d'Israël? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites?

Et ne pensons pas que cette façon de penser de Dieu ne soit que pour l’Ancien Testament, car ce qui change avec le Nouveau Testament, ce ne sont pas les exigences de Dieu mais le chemin pour parvenir à ses exigences. (voir la fiche « Les 2 Alliances »).
Avec la Nouvelle Alliance, on revient sur le chemin de Dieu, en mettant notre foi en Jésus qui nous mènera à pouvoir suivre le droit chemin, par le Saint-Esprit. Mais notre volonté sera quand-même de vouloir quitter notre chemin de péché, pour revenir sur le chemin de Dieu : on veut la même chose que ce qui est dit dans l’Ancien Testament mais par le moyen annoncé par la Nouvelle Alliance, c’est-à-dire en plaçant notre foi en Jésus qui nous mènera par le Saint-Esprit, et on se décide donc à viser le même résultat que celui recherché dans l’Ancienne Alliance (= vouloir être tel que Jésus, donc garder les commandements de Dieu, vouloir le chemin de vie de Dieu, comme Jésus le faisait). C’est le moyen pour atteindre le résultat, qui change, mais pas le résultat voulu.

Selon Dieu, le pardon ne peut donc pas être appliqué, ne peut être donné au pécheur, s’il n’y a pas de repentance du pécheur, au préalable, s’il n’y a pas la décision du pécheur de vouloir quitter son chemin d’égarement loin de Dieu, loin de la vraie vie, pour choisir le chemin de Dieu, le chemin de la vraie vie.
Pardonner à un frère qui ne se repent pas, c’est anti-biblique (sauf rares exceptions comme la crucifixion de Jésus ou la mise à mort d'Etienne où ces 2 victimes ont demandé à Dieu de pardonner ce péché-là, à leurs bourreaux).  Mais , en revanche, on doit être dans la position de pouvoir et de vouloir donner ce pardon dès que possible; donc pour nous aussi, il y a un état de coeur à avoir, avant même que le pécheur ne vienne nous demander concrètement de lui pardonner: nous devons être dans la même attitude de coeur que Dieu qui ne demande qu'à pardonner mais qui ne donnera ce pardon qu'à ceux qui le veulent, car ils reconnaissent leur besoin de ce pardon et qu'ils vont donc aller jusqu'à demander ce pardon.
Cependnat, pardonner à un frère qui ne se repent pas, c’est penser être plus dans l’amour que Dieu lui-même, qui ne pardonne qu’au pécheur qui se repent de son péché, de façon vraie et sincère = le pécheur qui veut quitter son chemin de péché et veut venir dans le chemin de Dieu. (car Dieu ne met pas son amour avant qu’on décide, de nous-mêmes, de nous placer dans son amour, en quittant le chemin où Dieu n’est pas, en quittant le chemin du péché, car pendant le temps de la Grâce, Dieu ne forcera pas la volonté des hommes à accepter de venir à lui).

Ainsi, il n’y a pas de contradiction en Dieu, lorsque Dieu oublie le péché pardonné (= pardonné au pécheur qui s’est repenti, au pécheur qui voulait quitter son chemin de péché, pour venir sur le chemin de Dieu) et lorsque Dieu va tout faire, au contraire, pour emmener le pécheur à vouloir se repentir (= qu’il se décide à abandonner son chemin de péché pour prendre le chemin de Dieu), en révélant le caractère condamnable du chemin de péché qui emmène à la mort (la mort véritable = être privé de Dieu et donc finir en enfer).
Et si l’œuvre d’appel à la repentance est menée par un frère ou une sœur, selon la direction de Dieu, selon l’esprit de Dieu, par le Saint-Esprit qui conduira forcément à agir selon la Parole de Dieu, alors il ne faudrait pas se tromper de cible et croire que celui qui révèle le péché d’un frère, serait celui qui fait le mal parce que cela entraîne forcément une manifestation de réticence et d’agitation de la chair (par le frère qui a péché). Non, revenir à la loi de l’omerta, la loi du silence de la Mafia qui juge celui qui parle, plutôt que celui qui fait le mal, n’est pas du tout selon Dieu.
Jn 3:19-20 Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées 

Certes, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, dans l’excès inverse, car Dieu a son calendrier, donc il faut être attentif à la direction de Dieu pour redresser un frère (car agir charnellement, c’est ce qu’il faut éviter pour ne pas être dans le jugement condamné par le « vouloir enlever la paille dans l’œil de l’autre, sans avoir enlevé, au préalable, la poutre qu’on a dans notre œil » - voir la fiche « Pour bâtir une arche, il faut des poutres »).
Gal 6:1 Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le (donc il ne s’agit pas de ne rien faire) avec un esprit de douceur (Mais il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi : pensons au mal que nous donne d’enlever quelque chose en nous, pour réaliser qu’il faille y aller selon la façon de Jésus et non pas charnellement). Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.

Ainsi, l’excès dans un sens ou dans l’autre, n’est pas ce qu’il faut adopter mais plutôt l’équilibre, la tempérance, par la direction du Saint-Esprit. C’est pour cela qu’il est écrit que l’homme spirituel juge de tout (I Co 2 :15), car l’homme spirituel ne veut pas donner son jugement charnel, son jugement humain, mais il veut le jugement de Dieu (car l’homme spirituel est celui qui est mort à lui-même, qui est mort à son propre jugement, à sa propre façon de juger, car il veut Dieu et non plus lui-même, et cela, même dans ses jugements).

Exemple : I Co 5 à I Co 6
Dans l’église des Corinthiens, Paul n’hésitait pas à juger quand cela était nécessaire, car Paul jugeait non pas selon lui-même, mais selon le Saint-Esprit, non pas pour condamner mais pour sauver.
Et Paul voulait que l’église des Corinthiens en arrive à ça : pouvoir se diriger selon l’Esprit de Dieu et non pas selon leur façon humaine, car il faut aussi comprendre que de ne pas juger est parfois contraire à Dieu, est parfois charnel, tout comme juger trop vite sans l’Esprit de Dieu.
Le problème n’est pas dans le « porter un jugement » ou « ne pas porter un jugement » mais le problème est de ne pas faire les choses selon l’Esprit de Dieu, de faire les choses charnellement, que ce soit dans un sens, comme dans l’autre.
Dans l’église des Corinthiens, on jugeait Paul de façon charnelle, on jugeait le ministère de Paul en le dénigrant de façon charnelle, mais on ne jugeait pas le péché flagrant, car « on ne jugeait pas » en étant encore dans une vision charnelle du non-jugement. Dans l’église de Corinthe, qu’on juge ou qu’on ne juge pas, on faisait cela de façon charnelle, donc de façon contraire à l’Esprit de Dieu.
On peut très bien juger en étant dans l’amour de Dieu, et c’est ce que Paul a fait vis-à-vis de l’homme qui était dans la débauche au sein de l’église, car Paul visait comme but, que cet homme puisse revenir par le seul chemin prévu par Dieu = le chemin qui passe par la repentance avant de pouvoir alors recevoir le pardon. Et d’un autre côté, on peut très bien ne pas juger, sans amour, juste parce qu’on préfère s’éviter les tracas et les agitations que peut occasionner de s’occuper d’une telle affaire, mais en négligeant alors le salut du frère qui a chuté  (Caïn, l’homme charnel, ne disait-il pas « Suis-je le gardien de mon frère ?»)

En Ez 13:9-23, on voit que les mauvais conducteurs du peuple s’appliquaient à vouloir garder une paix, une quiétude apparente, en recouvrant les fissures de plâtre, en voilant l’égarement du peuple vis-à-vis de Dieu, en dorlotant le peuple dans son chemin de désobéissance (= mettre des coussinets sous les aisselles). Alors certes, tout était calme mais tout était calme dans le mauvais chemin, car les conducteurs couvraient l’égarement du peuple. Mais Dieu, lui, ne voulait pas cela, car pour lui, ce n’était pas la vraie paix mais l’endormissement de mort, car le peuple devait être ramené sur le chemin de la repentance, le peuple devait être ramené à la décision de quitter son chemin d’égarement, pour se décider à revenir sur le chemin de Dieu; mais les conducteurs n’entraient pas dans leur vrai rôle de conducteur et Dieu condamnait le chemin que ces conducteurs du peuple avait pris = ne viser que de garder une quiétude apparente, même si cela était sur le chemin du mal, de la désobéissance, de l’égarement vis-à-vis du Dieu !
Ez 13:9-23
Ma main sera contre les prophètes Dont les visions sont vaines et les oracles menteurs; Ils ne feront point partie de l'assemblée de mon peuple, Ils ne seront pas inscrits dans le livre de la maison d'Israël, Et ils n'entreront pas dans le pays d'Israël. Et vous saurez que je suis le Seigneur, l'Eternel. 
Ces choses arriveront parce qu'ils égarent mon peuple, En disant: Paix! quand il n'y a point de paix. Et mon peuple bâtit une muraille, Et eux, ils la couvrent de plâtre
Dis à ceux qui la couvrent de plâtre qu'elle s'écroulera; Une pluie violente surviendra; Et vous, pierres de grêle, vous tomberez, Et la tempête éclatera. Et voici, la muraille s'écroule!  ne vous dira-t-on pas : Où est le plâtre dont vous l'avez couverte? 
C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Je ferai, dans ma fureur, éclater la tempête; Il surviendra, dans ma colère, une pluie violente; Et des pierres de grêle tomberont avec fureur pour détruire. J'abattrai la muraille que vous avez couverte de plâtre, Je lui ferai toucher la terre, et ses fondements seront mis à nu; Elle s'écroulera, et vous périrez au milieu de ses ruines. Et vous saurez que je suis l'Eternel. J'assouvirai ainsi ma fureur contre la muraille, Et contre ceux qui l'ont couverte de plâtre; Et je vous dirai; Plus de muraille! Et c'en est fait de ceux qui la replâtraient, Des prophètes d'Israël qui prophétisent sur Jérusalem, Et qui ont sur elle des visions de paix, Quand il n'y a point de paix! Dit le Seigneur, l'Eternel.
Et toi, fils de l'homme, porte tes regards sur les filles de ton peuple Qui prophétisent selon leur propre coeur, Et prophétise contre elles ! Tu diras: Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Malheur à celles qui fabriquent des coussinets pour toutes les aisselles, Et qui font des voiles pour la tête des gens de toute taille, Afin de surprendre les âmes! Pensez-vous surprendre les âmes de mon peuple, Et conserver vos propres âmes? Vous me déshonorez auprès de mon peuple Pour des poignées d'orge et des morceaux de pain, En tuant des âmes qui ne doivent pas mourir, Et en faisant vivre des âmes qui ne doivent pas vivre, Trompant ainsi mon peuple, qui écoute le mensonge.
C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, j'en veux à vos coussinets Par lesquels vous surprenez les âmes afin qu'elles s'envolent, Et je les arracherai de vos bras; Et je délivrerai les âmes Que vous cherchez à surprendre afin qu'elles s'envolent. J'arracherai aussi vos voiles, Et je délivrerai de vos mains mon peuple; Ils ne serviront plus de piège entre vos mains. Et vous saurez que je suis l'Eternel. Parce que vous affligez le coeur du juste par des mensonges, Quand moi-même je ne l'ai point attristé, Et parce que vous fortifiez les mains du méchant Pour l'empêcher de quitter sa mauvaise voie et pour le faire vivre, Vous n'aurez plus de vaines visions, Et vous ne prononcerez plus d'oracles; Je délivrerai de vos mains mon peuple. Et vous saurez que je suis l'Eternel.

Le rôle du bon berger, ce n’est pas de seulement viser la quiétude apparente du troupeau, combien-même le troupeau serait sur un chemin menant vers un précipice, mais de guider les brebis sur le bon chemin, pour aller vers de verts pâturages. Certes le berger ne veut pas spécialement troubler le troupeau mais si le troupeau s’égare sur le chemin de la mort, alors le vrai berger va reprendre et user de sa voix, de son bâton, de ses chiens de berger, pour redresser le troupeau et le ramener sur le bon chemin. Ne confondons pas la « quiétude de l’endormissement sur un mauvais chemin qui mène à la mort » avec la vraie paix de Dieu, qui est la marque du bon chemin de la vie !
Même les pharisiens qui ont condamné Jésus, l’ont fait en disant qu’il voulait préserver le peuple d’Israël dans la paix (Jn 11 :47-51) mais Jésus, lui, voyait bien que ce chemin allait emmener le peuple d’Israël à sa ruine, et il a pleuré sur leur sort  (Lc 19:41-44) et s’il fallait prendre le fouet pour faire le ménage dans la maison de son Père, Jésus ne faisait pas comme si tout allait bien, pour éviter de troubler l’ambiance de quiétude apparente, qui régnait au sein de ce qui devait être une maison de prière (Jn 2:13-17).

 

II /   Pourquoi « Reprendre devant tous » ?  -  Le rôle de la Honte

Après tout ce que nous avons vu précédemment concernant la révélation du scandale, nous allons donc revenir sur la manière de procéder pour un ancien qui a péché et que la Bible met en avant en I Tim 5:20 = Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte.

Est-ce que cette façon de procéder est réellement digne de Jésus, de l’état d’esprit de Jésus, lui qui n’a pas condamné la samaritaine qui vivait dans l’adultère ou la fornication, ou qui n’a pas condamné la femme adultère qui avait été emmenée devant lui pour qu’il prononce un jugement ?

 

  1. La honte du péché est éprouvée par rapport à un niveau d’où on a chuté

La Honte : Définition
- Sentiment d'abaissement, d'humiliation qui résulte d'une atteinte à l'honneur, à la dignité : Couvrir quelqu'un de honte.
- Sentiment d'avoir commis une action indigne de soi, ou crainte d'avoir à subir le jugement défavorable d'autrui : Rougir de honte.
- Sentiment de pénible humiliation en prenant conscience de son infériorité ou de son imperfection.

- Effet d'opprobre entraîné par un fait, une action transgressant une norme éthique ou une convenance (d'un groupe social, d'une société) ou par une action jugée avilissante par rapport à la norme (d'un groupe social, d'une société).
Synonyme =  déshonneur, opprobre ; 
Contraire =    honneur.

 

Est-ce qu’on a bien remarqué qu’en I Tim 5:20 « Ceux (les anciens) qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte. », il n’est pas du tout écrit qu’il faille humilier ceux qui pèchent, qu’il faille mettre, nous-mêmes, la honte sur ceux qui pèchent mais il est écrit qu’il faut les reprendre devant tous. En couture, quand on fait une reprise, quand on reprend un ourlet, c'est qu'on défait l'ourlet qui a été mal fait, pour bien le refaire. Il s'agit donc de corriger quelque chose qui n'était pas bien fait. 
Ainsi I Tim 5:20 ne demande pas d'humilier mais de reprendre, ce qui fait une très large différence, car il s’agit de seulement reprendre, devant tous, ceux qui pèchent, en corrigeant l'erreur de direction qui a été prise, et alors c’est l’exposition à la lumière, devant les autres, qui peut alors être source de honte, si l’acte exposé est susceptible de susciter de la honte ;  donc selon ce passage, il faut bien comprendre que ceux qui reprennent n’ont pas la tâche de mettre la honte mais simplement d’exposer à la lumière la mauvaise "couture", la mauvaise direction prise, afin de montrer maintenant que ce n'est pas la bonne direction à prendre et d'indiquer donc la bonne direction, de faire la "reprise de la couture" : la honte proviendra alors de l’exposition à la lumière de l’acte, si cet acte est jugé honteux.
Et d’ailleurs si cela se passe dans le vrai corps de Christ, cette honte n’est pas seulement pour celui qui a péché et est alors mis à la lumière, mais aussi pour le corps entier qui ressent aussi un peu cette honte pour chacun, vis-à-vis des autres personnes qui seraient alors extérieures au corps de l’église (et c’est ce qu’on ressent lorsqu’on est lié, par l’Esprit, à celui qui a péché). I Co 12:26 Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. (D’où la conclusion : si un membre est déshonoré, alors tous les membres sont un peu touchés par ce déshonneur et sont tristes aussi pour cette souffrance).

On voit donc que la honte est un sentiment qui implique fortement l’extérieur, déjà par le fait  que c’est un sentiment qui s’éprouve par rapport à un repère extérieur à celui qui éprouve la honte (puis par le fait que cela puisse rejaillir sur les autres, comme la douleur qui, via le mécanisme du sentiment de l’empathie ou de la compassion, peut aussi toucher un peu les autres, indirectement).

Dans toutes les définitions, on constate donc le point commun : la honte en nous s’éprouve par rapport à un repère extérieur à nous-mêmes, ou un repère qu'on avait avant en nous mais qu'on a transgressé et qui nous est alors maintenant remémoré par un agent extérieur à nous, qui peut être une norme sociale ou éthique, le jugement des autres, un niveau qu’on n’a plus par rapport aux autres, ou par rapport à un objectif ou un repère où nous ne sommes plus nous-mêmes, etc …

Dans la Bible, une chose est souvent symbolique qui suscite de la honte : c’est la nudité (après la chute de l’état d’innocence d’Adam et Eve). Exemples :
És 47:3 Ta nudité sera découverte, Et ta honte sera vue.
Mi 1:11(a) Passe, habitante de Schaphir, dans la nudité et la honte!
Apo 3:18  je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.
 

Gen 3:7-13
Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures.
Alors ils entendirent la voix de l'Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l'Eternel Dieu appela l'homme, et lui dit: Où es-tu? Il répondit: J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. Et l'Eternel Dieu dit: Qui t'a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? L'homme répondit: La femme que tu as mise auprès de moi m'a donné de l'arbre, et j'en ai mangé. Et l'Eternel Dieu dit à la femme: Pourquoi as-tu fait cela? La femme répondit: Le serpent m'a séduite, et j'en ai mangé.

Avant leur chute, il est très clairement dit, en Gen 2:25, qu'Adam et Eve étaient nus mais n'en avaient point honte, justement pour bien souligner ce qui va se passer après leur chute dans le péché. La honte est donc ce qui a été expérimentée par Adam et Eve, lorsque leurs yeux se sont ouverts, après leur désobéissance envers le commandement de Dieu.
Mais ce sentiment de honte attachée au péché, n’avait donc jamais été ressentie auparavant (car Adam et Eve n’avaient jamais péché avant)  et n’avait pas été évoqué par Dieu, comme conséquence au péché. Ce genre de honte attachée au péché n’est donc pas une honte acquise par les dictats de la société, par les acquis enseignés dans la société ou par d’autres personnes ou par Dieu (contrairement à ce qu’on croit souvent, comme on éprouve ce sentiment vis-à-vis des autres) mais il s’agit d’une honte attachée à ce qui correspond à la chute d’Adam et Eve, d’une honte attachée au fait de ne pas correspondre à un niveau d’état qui était considéré comme le niveau du bien par celui qui, maintenant, ne se trouve plus à ce niveau, comme son état actuel n’est plus en adéquation avec l’état qui lui semblait être le bien. Ro 2:14-16  Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs coeurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour. C'est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes.


Exemple illustratif : Quand on se casse la figure, seul, devant tout un tas de gens (= les autres qui n’ont pas chuté), la honte qu’on considère ici, dans cette fiche, n’est donc pas due au fait que les autres auraient tous en eux l’idée de se moquer de nous, mais au fait qu’on soit nous-mêmes tombé dans une position inférieure par rapport au reste des gens qui n’a pas chuté et qu’on considère comme étant, eux, au niveau de l’état qu’on estime comme l’état non-honteux, comme l’état de valeur normale.
 Or comme la honte s’éprouve par rapport aux autres qui ne sont pas tombés dans la même position inférieure, car ils sont alors le repère concret de la position normale de non-honte d'où on a chuté, on aurait tendance à croire que la honte provient des autres qui ne sont pas tombés; mais, en réalité, la honte vient du fait qu’on soit tombé dans une position inférieure par rapport au niveau qu’on estime, nous, comme le bon niveau à avoir.
Il faut donc réaliser que la honte attachée au péché, ne provient pas du fait que les autres ne soient pas tombés et nous regarde depuis leur niveau, mais est attachée au péché, à la chute en elle-même par rapport à un niveau qu’on estime, nous, comme le bon niveau à garder. Il ne faut donc pas se tromper de jugement entre la cause de la honte (= notre chute en position inférieure et humiliante à nos propres yeux) et ce qui sert de point de repère à nos propres yeux, pour comprendre que la situation où nous sommes maintenant est honteuse pour nous-mêmes  (et ce point de repère est alors quelque chose extérieur à nous qui avons chuté, comme la Loi qui rappelle la position qui a la bonne valeur du bien, ou les autres qui n’ont pas chuté,  etc …).

Ainsi, lorsque la honte est éprouvée quand le péché est mis à la lumière, devant tous, posons-nous la question pour bien comprendre quelle est la vraie cause de la honte qui peut résulter de cette exposition à la lumière, afin de ne pas croire que la honte proviendrait des autres qui n’ont pas chuté et qui sont là à constater la chute de celui qui est tombé (et qui ne sont pas forcément dans l’envie de se moquer, bien au contraire, s’ils sont dans une attitude d’amour et de compassion…).

Mais très souvent, comme la honte s’éprouve par rapport aux autres qui n’ont pas chuté et sont donc le point de repère pour "jauger" de la chute, pour être le point de niveau marquant l’état "normal" de non-chute, on a tendance à croire que ce sont ces autres qui sont à l’origine de la honte. Mais non, la véritable origine de la honte dans le péché, c’est la chute, ce n’est pas ce qui marque le repère d’où on a chuté.
Evidemment, je ne parle pas, ici, de la honte que des autres voudraient mettre sur nous de façon intentionnelle, en se moquant de nous avec une intention de nous humilier, de nous "inférioriser" , volontairement, mais de la honte telle que celle attachée à la chute, au péché celle qu'on ressent nous-mêmes, sans que ce soit les autres qui nous la colle dessus, celle qu’Adam et Eve ont ressentie, lors de leur chute dans la désobéissance à Dieu, alors que personne n'était là pour les humilier intentionnellement.


 

Pourtant et malheureusement, c’est le raisonnement erroné par rapport à la vraie origine de la honte attachée au péché, qui est souvent pris par les hommes, comme base pour se sortir de la honte = au lieu de vouloir sortir du péché, pour sortir de la honte attachée au péché, l’homme va vouloir plutôt considérer la solution de déplacer le point de repère qui indique qu’il y a eu chute.
Ainsi, en déplaçant le point de repère qui marque la position d’où il a chuté, l’homme qui a effectivement chuté, peut alors rester dans son péché, dans son état de chute, tout en évitant de ressentir la honte, puisque le nouveau point de repère sera mis au niveau de son état actuel de péché : s’il n’y a plus de point de repère extérieur pour confirmer la chute, on peut penser qu’ainsi la honte sera exclue de notre existence.

Il semblera alors plus intéressant pour l’homme, pour sortir de la honte attachée au péché, d’essayer de bouger les points de repères qui marqueraient d’où il a chuté, plutôt que de vouloir sortir de son état de chute pour revenir dans l’état de non-chute, parce que cette solution, pourtant erronée, permet alors d’éviter la honte par rapport au repère extérieur, tout en restant dans son chemin de péché.

Mais ce n’est justement pas cette solution que Dieu attend de l’homme, car la Bible dit :
Osée 5:10-11 Les chefs de Juda sont comme ceux qui déplacent les bornes; Je répandrai sur eux ma colère comme un torrent. Ephraïm est opprimé, brisé par le jugement, Car il a suivi les préceptes qui lui plaisaient. (Les anciens déplaçaient les bornes qui permettent d’étalonner la justice, pour pouvoir suivre les chemins d’égarement qui plaisaient à tous).
Ezé 45:9-10 Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Assez, princes d'Israël! cessez la violence et les rapines, pratiquez la droiture et la justice, délivrez mon peuple de vos exactions, dit le Seigneur, l'Eternel.
Ayez des balances justes, un épha juste, et un bath juste. 

La Bible dit que Dieu veut que nous revenions de notre chemin de péché afin de ne plus être dans la honte. C’est cette solution qui est la solution de Dieu pour sortir de la honte du péché, comme l’écrit le Psalmiste et le prophète Jérémie, car le chemin sur lequel on éprouve la honte du péché, est le chemin qui mène à la mort, or Dieu ne veut pas qu’on meurt à la fin de notre chemin, mais qu’on vive de sa vraie vie, à la fin du chemin, mais aussi tout au long du chemin de notre existence :
Ps 119:33-40
Enseigne-moi, Eternel, la voie de tes statuts, pour que je la retienne jusqu'à la fin!
Donne-moi l'intelligence, pour que je garde ta loi Et que je l'observe de tout mon coeur!
Conduis-moi dans le sentier de tes commandements! Car je l'aime.
Incline mon coeur vers tes préceptes, Et non vers le gain!
Détourne mes yeux de la vue des choses vaines, Fais-moi vivre dans ta voie!
Accomplis envers ton serviteur ta promesse, Qui est pour ceux qui te craignent!
Eloigne de moi l'opprobre que je redoute! Car tes jugements sont pleins de bonté.
Voici, je désire pratiquer tes ordonnances: Fais-moi vivre dans ta justice!

Jér 3:25 Nous avons notre honte pour couche, Et notre ignominie pour couverture; Car nous avons péché contre l'Eternel, notre Dieu, Nous et nos pères, dès notre jeunesse jusqu'à ce jour, Et nous n'avons pas écouté la voix de l'Eternel, notre Dieu.

Jér 31:18-19
J'entends Ephraïm qui se lamente: Tu m'as châtié, et j'ai été châtié Comme un veau qui n'est pas dompté; Fais-moi revenir, et je reviendrai, Car tu es l'Eternel, mon Dieu. Après m'être détourné, j'éprouve du repentir; Et après avoir reconnu mes fautes, je frappe sur ma cuisse; Je suis honteux et confus, Car je porte l'opprobre de ma jeunesse.(Ici, La honte est donc bien le résultat des fautes et non pas des autres qui seraient des moqueurs, donc une fois que ce constat juste est fait, la solution envisagée est de revenir sur le chemin de Dieu et non pas d’agir sur les autres pour qu’ils arrêtent d’être des point de repère nous suscitant de la honte en nous, ce qui est une façon erronée de considérer la situation, pour ce type de honte due à la chute du péché).

Exemple : Le vrai problème des pharisiens, du temps de Jésus, ce n’était pas Jésus qui était le repère de la "vraie vérité" d’où les pharisiens avaient chuté, mais c’était le fait qu’ils avaient chuté de la vérité. Mais comme les pharisiens ne voulaient pas lâcher leur état de propre justice humaine, par rapport à l’état de justice que Dieu demande (= être tel que Jésus, Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait - Mt 5:48), alors les pharisiens ont cherché à supprimer Jésus (le point de repère qui marquait leur chute, qui marque la chute de l'Homme en général). Ainsi, si le repère, la borne qui indique le niveau normal attendu par Dieu comme état de justice (=Jésus), disparaissait, alors l’état de chute des pharisiens n’était plus étalonnable par rapport à un état marquant le degré d’où ils avaient chuté, et donc la honte attachée à la chute (donc la honte par rapport à ce que Jésus est) disparaissait.

 

  1. Le niveau d’où on a chuté est, en fait, un niveau qui est fixé en nous-mêmes


La honte suite au péché originel :
Ce mécanisme de la honte attachée au péché, à la sortie du chemin de l’obéissance à Dieu, et la façon dont l’homme voudrait s’en sortir par rapport à la façon dont Dieu veut que l’homme s’en sorte, se retrouve donc juste après la chute du péché originel, qui étant le 1er péché, la 1ere chute depuis un état pur, permet donc de voir les mécanismes à " l’état pur", non-parasités par tout un tas d’autres causes issues d’un état de pécheur déjà incrusté en l’homme et ayant déjà produit tout un tas d’autres conséquences influençant indirectement tout ce que l’homme fait. (Ge 3 :1-13).

Juste avant la chute du péché originel, dans le verset juste avant Ge 3:1-13, en Ge 2:25, il est écrit quelque chose de pas si anodin que ça, par rapport à la chute d’Adam et Eve et qui va tout de suite bien mettre en relation la chute dans le péché et la honte qui s’y attache = L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte.

La Bible signale donc qu’avant la chute, Adam et Eve n’avait pas honte de leur état de nudité, tandis qu’après leur chute, après avoir voulu acquérir la capacité de connaître, par eux-mêmes, la différence entre le bien et le mal, Adam et Eve ont ressenti la honte de leur état de nudité, car ils ont vu et jugé que cet état était mal, alors que Dieu ne leur avait pas même révélé qu'ils étaient nus, ni ne leur avait dit si cet état était mal et honteux : Ge 3:11 Et l'Eternel Dieu dit: Qui t'a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? .

Avec la capacité à juger par soi-même entre ce qui est bien et ce qui est mal, arrive alors la capacité à condamner (ou à justifier) un état ou un acte, par soi-même, indépendamment du jugement de Dieu.
La capacité à connaître la différence entre le bien et le mal, donne donc ainsi la capacité de réaliser l’écart entre un état qu’on jugerait, par soi-même, comme étant bien et l’état où nous nous trouvons actuellement ; et la honte est donc issue de ce jugement d’écart,
par nous-mêmes, entre ce qu’on jugerait nous-mêmes comme le bien (à juste titre, ou pas) et là où on se trouve.
La honte attachée à la désobéissance à Dieu, ne vient donc même pas directement de Dieu qui aurait dit qu’un écart entre ce qui serait bien et l’état où l’on se trouve a été constaté, mais du fait  qu’on se mette nous-mêmes à estimer notre écart entre ce que nous nous mettons à estimer, par nous-mêmes, comme le bien et l’état où nous sommes actuellement.
La honte attachée au péché trouve donc sa source dans notre capacité à nous juger nous-mêmes, elle est donc interne à l’homme qui pèche, car c’est sa propre conscience qui l’accuse, avant même que ce ne soit les autres qui l’accusent.
Dieu n’avait même pas encore dit à Adam et Eve qu’ils étaient nus, donc il ne leur avait même pas encore dit si cela était bien ou mal, mais Adam et Eve se sont mis à juger eux-mêmes leur état, par rapport à ce qu’eux-mêmes se sont mis à considérer comme étant bien ou mal. C’est donc cette capacité en nous, à juger par nous-mêmes entre ce qu’on estime bien et ce qu’on estime mal par nous-mêmes, qui nous condamne alors nous-mêmes et nous met alors nous-mêmes dans la honte vis-à-vis de notre chute, quand nous constatons, nous-mêmes, l’écart entre ce qu’on estime comme bien et l’état où nous sommes actuellement et qui ne correspond pas à l’état qu’on déclare nous-mêmes comme étant le bien.

Ro 2:14-15 Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs coeurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour.
La honte attachée à la chute de l’homme, est donc un sentiment qui provient de l’intérieur de l’homme qui a chuté par rapport à ce qu’il considère lui-même comme bien (à juste titre, ou pas) ; ce sentiment ne provient pas de l’extérieur, n’a pas sa source dans le jugement extérieur des autres.

Exemple : Considérons la chute de Pierre qui vient de renier 3 fois Jésus.
Ce n’est pas le regard de Jésus qui a jugé Pierre, ce n’est pas Jésus qui a mis le sentiment de honte sur Pierre, face à cet échec. Non, c’est Pierre lui-même qui a été sa propre source de honte, car c’est Pierre qui a estimé, lui-même, l’écart entre ce qu’il jugeait, lui-même, être l’état de bien (= être un disciple capable de mourir pour Jésus) et l’état dans lequel il se trouvait réellement, lui qui venait de renier 3 fois Jésus. Il n’y avait pas grand monde pour comprendre et voir ce que Pierre avait fait et pour le condamner et lui faire ressentir la honte. Non, Pierre a ressenti la honte lui-même, sans l’aide de personne pour lui mettre ce sentiment de honte sur lui, car c’est en lui-même et par lui-même que Pierre a jaugé l’écart de valeur entre ce qu’il considérait lui-même comme l’état bien d’un disciple et l’état où il se trouvait maintenant, après avoir renié 3 fois Jésus.

 

Mais est-ce qu’on a remarqué, dans la chute d’Adam et Eve, que c’est le problème de leur nudité, reconnue comme honteuse par eux-mêmes, qui les a emmenés à se cacher de Dieu et non pas directement le fait d’avoir mangé du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, c’est-à-dire le fait d’avoir désobéi à Dieu ?
Ce qui n’était pas un problème pour eux avant leur désobéissance, est devenu leur critère de chute, leur critère de honte, alors que Dieu ne leur a même jamais fait remarqué, ni ne leur a jamais reproché, avant ça, d’être nus.

Et c’est donc ce signe de "s’être auto-accusés" comme étant dans un état qui n’est pas digne à leurs propres yeux, qui prouvait, selon Dieu, qu’Adam et Eve avaient mangé de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Ge 3:11 Et l'Eternel Dieu dit: Qui t'a appris que tu es nu? (donc la question qui suit normalement le raisonnement de Dieu face à cette nouvelle honte qui est apparue alors qu'il n'y en avait pas avant, a été :)  Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? .

Adam et Eve ne comprenaient pas clairement que ce qu’ils éprouvaient (cette honte) provenait de cette capacité qu’ils avaient voulue acquérir = la capacité de juger, par eux-mêmes, la différence entre le bien et le mal, indépendamment de Dieu.
Et c’est la conséquence de leur désobéissance, de leur détachement par rapport à Dieu et qui est l’envers de cette nouvelle capacité acquise, à connaître par eux-mêmes la différence entre le bien et le mal (et donc la possibilité de s’accuser alors soi-même ou de se justifier soi-même), qui les a emmené à ressentir la honte par rapport à des critères que l’homme s’érige comme valeur à jauger.

Et c’est précisément ça que Dieu voulait épargner  à l’homme, en ne lui accordant pas la capacité de connaître par lui-même la différence entre le bien et le mal : Dieu voulait épargner à l’homme de s’égarer dans des faux jugements d’accusation ou de justification, qui emmèneraient alors des hontes non-voulues par Dieu, ou des faux sujets de se glorifier selon les propres critères de l’homme, au lieu de se baser sur les vrais critères de Dieu.
Dieu ne voulait pas du tout priver l’homme d’une capacité pour que l’homme lui soit inférieur (Dieu ayant toujours voulu créer l’homme à son image) mais Dieu voulait préserver l’homme d’une capacité qui serait un piège pour lui = Dieu ne voulait pas scandaliser l’homme mais c’est Satan qui a scandalisé l’homme, c’est Satan qui a tendu un piège à l’homme pour qu’il quitte son état de vraie vie qu’il avait en étant en Dieu.

Et Dieu a alors paré à ce nouvel état où se sont retrouvés Adam et Eve qui, accusés par leur propre conscience quant à leur nudité dont ils n’avaient pourtant pas honte avant, ne pouvaient plus se présenter devant Dieu, en présence de Dieu, avec cette honte sur eux, nouvellement apparue. Dieu a alors dû sacrifier un animal pour couvrir la nudité d’Adam et Eve qui les rendait honteux devant Dieu, ce qui préfigure le sacrifice de Jésus qui couvre notre nudité, notre état qui nous accuse devant Dieu, état qui a sa vraie source non pas dans tous les critères de fausse justice que nous avons en nous, mais dans le fait que nous sommes dans la désobéissance par rapport au chemin que Dieu voulait pour nous (le chemin où c'est Dieu qui devrait être notre justice et non pas notre justice à nous, le chemin où c'est Dieu qui devrait nous dire ce qui est vraiment bien et vraiment mal et non pas notre propre justice humaine).
Et c'est ce qu'on comprend dans Ro 1:28 : Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes. La vraie cause, la véritable racine de la honte attachée aux actes indignes qui sont hors du seul chemin véritablement glorieux (le chemin de Dieu), a sa source dans le fait de ne pas vouloir être plus prêt de Dieu, de vouloir se détacher de Dieu, comme Adam et Eve ont voulu se détacher de Dieu, pour avoir leur propre capacité de jugement. Le but profond de Dieu, ce n'est pas seulement qu'on évite de commettre les actes indignes du péché, mais c'est que la honte de ces actes indignes nous emmène à vouloir sortir de notre chemin et à revenir sur la réelle cause profonde de ces actes que nous commettons = nous ne cherchons pas la connaissance profonde de Dieu, en nous.
Adam et Eve se focalisaient sur leur nudité, dans leur conscience, alors que le vrai problème était qu’ils avaient désobéi à Dieu pour se détacher de Dieu, quant au jugement, et ne s'appuyaient plus sur Dieu pour juger.
Nous avons donc, nous aussi, à considérer que la honte par rapport à notre conscience, a sa véritable source dans le fait que nous sommes dans la désobéissance et le détachement par rapport à Dieu et que nous avons quitter notre appui sur Dieu, notre base en Dieu pour juger entre le bien et le mal ou pour d'autres principes et capacités que nous choisissons délibérément en indépendance vis-à-vis de Dieu, vis-à-vis de ce que Dieu dit, vis-à-vis de la Parole de Dieu selon la "mentalité" de Dieu (= vis-à-vis de Jésus).
Alors que pour le jugement entre le bien et le mal, Dieu voulait nous garder comme un petit enfant humble qui ne connaît la justice que par rapport à ce que son père lui enseigne, parce qu'il a confiance en son père, parce qu'il croit dans la capacité de jugement de son père et dans les bonnes intentions de son père = un enfant humble qui dit "Mon papa, lui, il sait, lui, il connaît et lui veut mon bien et ne veut pas me priver de choses biens pour moi, mais il veut me protéger ! ", parce que cet enfant est dans la confiance par rapport à son père. Or Dieu est justement le Père qui sait tout, qui connaît tout, sans se tromper jamais dans ses jugements... C'est donc sur ce que Dieu est qu'il faut poser notre foi.),
Nous avons voulu suivre un autre chemin que le chemin que Dieu voulait pour nous afin de nous garder dans la vraie vie, c’est-à-dire que nous avons voulu un autre chemin que Jésus (être tel que Jésus est, qui est pleinement selon l'essence de Dieu lui-même) qui est le chemin que Dieu veut pour nous, car c’est Jésus (être tel que Jésus est) qui est la vraie vie, car être en Jésus (être tel que Jésus est), c'est être aussi avec Jésus, ce qui nous garde donc en Dieu et avec Dieu (dans la présence de Dieu).

I Co 4:3-4 Pour moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous, ou par un tribunal humain. Je ne me juge pas non plus moi-même, car je ne me sens coupable de rien; mais ce n'est pas pour cela que je suis justifié. Celui qui me juge, c'est le Seigneur.
Paul ne disait pas cela pour s'autoriser à pécher mais véritablement parce que tel un petit enfant humble, il s'en remettait au jugement de son Père, de Dieu, pour le guider sur le bon chemin de la vraie vie en Jésus, plutôt qu'à son propre jugement d'homme qui pouvait être faussé. Il ne s'agit donc pas de se disculper du péché mais au contraire de s'éloigner de plus en plus du vrai péché (tel que l'auto-justification ou l'auto-accusation charnelles aussi), en se reposant sur Dieu, par le Saint-Esprit, afin non pas d'être libre de pécher mais au contraire d'être de plus en plus tel que Jésus (donc libre de ne pas pécher).

 

  1. Enlever la honte en abaissant le niveau du bien à garder

Ainsi, on a vu qu'un autre problème de taille vient se superposer à notre difficulté de percevoir que le sentiment de honte provient, en fait, d’un écart, dans notre intérieur, par rapport à un état de bien où l’on ne se trouve pas : c’est qu’on ne reste pas longtemps dans cette perception de la vraie origine de la honte.

En effet, un autre mécanisme issu aussi de notre capacité à juger nous-mêmes entre le bien et le mal, vient alors très rapidement se greffer sur notre perception, sur notre façon de considérer l’origine de la honte, pour justement esquiver cette honte : c’est l’auto-justification, c’est-à-dire notre capacité à déclarer maintenant comme le bien, l’état dans lequel nous nous trouvons après notre chute dans le péché, si nous ne voulons pas quitter cet état, car cela nous convient ainsi. Et c’est ce qu’on appelle en langage commun :  « faire taire sa conscience » ou en langage plus biblique, « avoir une conscience souillée, une intelligence obscurcie par l’endurcissement du cœur ».

Or c’est sur ce chemin qu’Adam a voulu s’engager pour essayer d’atténuer sa honte face à Dieu qui, lui, va montrer à Adam que ce dernier était réellement coupable d’avoir désobéi à son ordre de ne pas manger l'arbre de la connaissance du bien et du mal. 
En effet, au lieu de se repentir de sa désobéissance, Adam va essayer de contrer la honte de cette désobéissance, en auto-justifiant sa chute pour atténuer sa culpabilité (après l'auto-accusation, on voit donc l'auto-justification): « Mais c’est cette femme que toi, Dieu, tu as mise à mes côtés qui m’a emmené à chuter, donc ce n’est pas tout à fait de ma responsabilité, car sinon, moi, je ne serai pas tombé …. » et Eve en fera de même envers le serpent.
Mais Dieu ne va pas accepter ce chemin d’auto-justification humaine de la chute, qui essaiera toujours de se disculper, sans accepter de porter la responsabilité de sa désobéissance, et Dieu va donc juger la chute d’Adam et Eve, car l’ordre de Dieu n’était pas de lui obéir seulement dans telle ou telle circonstance, mais d’obéir entièrement et toujours, qu’importe les circonstances, car le piège de l’acquisition de cette connaissance du bien et du mal par soi-même, était dans l’acquisition de cette connaissance, qu’importe les circonstances par lesquelles on y arrivait. (Si je dis à mes enfants de ne pas jouer avec les couteaux à dépecer la viande, c’est parce que le danger est dans le fait de jouer avec ces couteaux, qu’importe s’ils se mettent à jouer avec ces couteaux d’eux-mêmes ou parce que c’est un copain qui les a entraînés à jouer avec …)

 

Mais si les séductions du péché ont piégé l’homme qui a chuté, celui-ci voudra alors rester dans son péché, mais ne voulant pas non plus ressentir la honte attachée au péché, car cette honte ne permet pas une existence acceptable, tout comme la douleur ne permet pas une existence acceptable lorsqu’elle persiste, il va donc chercher à éliminer cette honte par un autre moyen que de sortir du péché par le chemin de repentance et de foi que Dieu propose. Le pécheur qui veut rester dans son péché, va alors remettre lui-même le niveau du bien, en lui-même, au niveau de l’état de péché où il se trouve actuellement, état où il pratique le péché en y restant (ce qui diffère d’une chute où on veut sortir du péché, en se repentant sincèrement, pour sortir de ce chemin).

Par ce stratagème tortueux, qui s’éloigne alors du chemin de l’intégrité, le mal est alors déclaré comme pouvant être bien, par celui qui a chuté mais ne veut pas pour autant ressentir la honte de son péché pour en sortir.
En essayant donc de faire taire la honte en nous, en prenant ce chemin de traverse, plutôt que le chemin de la repentance, plutôt que de sortir du chemin du péché pour revenir au chemin de Dieu, parce qu’on préfère rester dans le chemin du péché (ou parfois parce qu’on ne sait juste pas comment revenir sur le bon chemin et qu’on croit qu’il n’y a alors pas d’autre alternative à notre vie actuelle qui a failli), alors on endurcit son cœur contre les accusations de notre conscience, afin de ne pas rester dans la honte ; et pour cela, on va vouloir accepter en nous, un nouveau nivellement du bien, qui sera calqué sur le niveau dans lequel on a chuté et où on veut demeurer.
Mais ce chemin-là, n’est pas le chemin de la vie et c’est ce qui ressort alors de ce chemin d’obscurcissement volontaire de la conscience = l’homme se dessèche par rapport à la vraie vie et se meurt intérieurement (et finira dans la mort spirituelle qui sera, dans l’au-delà, synonyme de l’enfer).
Jn 15:6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi (Jésus), il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.
Es.5:20-21 Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume! Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux, Et qui se croient intelligents!
Lc 11:34-35 Ton oeil est la lampe de ton corps. Lorsque ton oeil est en bon état, tout ton corps est éclairé; mais lorsque ton oeil est en mauvais état, ton corps est dans les ténèbres. Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres.

La honte attachée au péché devrait normalement permettre de faire revenir au chemin de Dieu, comme la douleur ressentie lorsqu’on pose sa main sur une plaque chaude nous pousse à retirer notre main de là où elle s’est posée, pour ne plus ressentir cette douleur. Mais au lieu de cela, l’envie de faire taire la honte en nous, tout en restant encore dans le chemin du péché, emmène l’étouffement volontaire de notre conscience et la mise à mort de notre âme, l’assèchement de notre âme par rapport à ce qu’est la vraie vie du chemin de Dieu (= Jésus), en déplaçant la borne du bien en nous. Mais ce chemin emmène alors la mort spirituelle de l’âme.

Et ce qui sera alors le plus gênant, le plus irritant pour ceux qui ont pris le chemin de l’étouffement de leur conscience pour ne plus ressentir la honte et pouvoir rester dans leur péché, c’est alors toute chose, toute loi, tout livre, toute personne qui serait là pour rappeler le vrai niveau, le vrai repère de ce qui est bien, car cela remet alors la lumière sur l’écart qui existe véritablement entre le vrai bien et l’état de chute où ils sont tombés et restés.
Oui, ne soyons pas surpris que la Bible veuille être changée, par le monde pécheur et en révolte contre la voie de Dieu, en ce qui concerne les exigences de Dieu, en ce qui concerne les lois de Dieu qui fixent, souvent de façon très précise, ce qui est bien selon Dieu (donc le bien absolu) et ce qui est mal selon Dieu. Ne soyons pas surpris que ce soit les vrais prophètes, ceux que Dieu envoie pour faire revenir son peuple qui s’est éloigné, et qui proclament d’où nous avons chuté, qui soient mis à mort ou sommés de se taire; ou que ce soient les disciples de Jésus, qui veulent se diriger selon ce que Jésus est et rappellent alors, par leur exemple, le niveau demandé par Dieu, qui soient ceux dont la voix est méprisée…. Car tout cela remet à la lumière le niveau d’où les pécheurs ont chuté et pourrait alors ramener la honte attachée au péché, si les pécheurs y prêtaient attention.
I Jn 3:12 …et ne pas ressembler à Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il? parce que ses oeuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes. (Ce n'est pas seulement le fait que les oeuvres de Caïn étaient mauvaises, qui l'ont emmené à tuer son frère Abel, mais c'est aussi parce que les œuvres de son frère étaient justes et ramenaient donc la lumière sur la chute de Caïn, sur l'écart entre l'état de Caïn et l'état d'Abel qui était, lui, resté au niveau de non-chute. Si Abel avait été comme Caïn, pensons-nous vraiment que Caïn aurait tué Abel ?...)

Ainsi ce chemin détourné pour faire taire la honte et qui consiste alors à déclarer comme le bien, l’état de mal où on se trouve à cause de notre chute, afin de faire taire la honte attachée au péché qui provient pourtant, en réalité, de notre intérieur, emmène alors au concept de « scandale » tel qu’il a été défini plus haut, dans cet article.
= Comme nous voulons faire taire le niveau de bien d’où nous avons chuté, et que des éléments extérieurs à nous, pourraient nous rappeler notre chute, nous serons alors emmenés à vouloir imposer, dans notre environnement (et donc aux autres autour de nous), notre façon erronée de juger notre état, afin que ces autres ne soient pas dans l’état de niveau nous rappelant d’où nous avons chuté.

Et c’est là qu’on retombe alors sur le « scandaliser les enfants de Dieu, scandaliser les frères », c’est-à-dire les emmener sur un chemin de chute et d’égarement parce que nous-mêmes voulons continuer sur ce chemin; et non-seulement nous pratiquons ces choses mais nous enseignons aux autres à les considérer selon notre jugement déchu.
Ro 1:28 Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes,….  Ro 1:32 Et, bien qu'ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font.
= jugement déchu de ceux qui sont déchus et vont donc dire que les autres qui pratiquent les mêmes choses font ce qui est bien – le mot original traduit ici par « approuvent » est le mot  « suneudokeo » qui provient de « sun » = avec et de « eudokeo » = ce qui semble bon à quelqu'un. Il s’agit donc d’être en accord de jugement avec les autres qui pratiquent les mêmes choses, de trouver bonnes ces choses avec ceux qui les pratiquent aussi.
Ainsi, si tout le monde autour de nous est dans le même jugement que nous, en disant que l’état où on se trouve est bien, alors il n’y aura plus de repère pour nous faire ressentir une quelconque chute, donc la honte pourra être tue. 
II Ti 3:13 Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres (= le concept de "scandaliser les autres") et égarés eux-mêmes
II Ti 4:3-4 Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.
(Les gens chercheront des enseignants, des docteurs qui leur disent que leurs désirs sont approuvés selon Dieu, car ils chercheront à faire taire leur conscience et auront besoin qu’on leur dise que leurs désirs sont bons, sont justes, pour faire taire leur conscience afin de ne pas éprouver de honte et ne avoir à se repentir, à sortir du chemin de péché où ils sont).

 

 

  1. Les Exemples et les contre-exemples servent à guider mais s’ils sont clairement identifiés

Pourtant, la honte attachée au péché n’est pas un élément à déconsidérer entièrement, car elle a une utilité dans le guidage sur le chemin de la sanctification, de la progression vers Jésus, si elle n’est pas laissée dans le flou, dans le vague de la dissimulation, de la cachoterie qui empêche de bien comprendre et percevoir la qualité du chemin à suivre ou à ne pas suivre ….

 

On constatera qu’en Mt 18:23-35, qui traite de la façon de faire vis-à-vis d’un frère qui n’est pas un ancien, qu’au final, si le frère ne se repent pas en privé ou devant quelques autres frères, on arrivera alors à la procédure qui est d’emblée appliquée aux anciens de l’église (= reprendre devant tous).
Mais pour les anciens, c’est directement le « reprendre devant tous » qui s’applique car, en fait, les anciens ont normalement une connaissance de la Parole, puisqu’ils sont anciens, et les anciens sont aussi en vue publique, car ils doivent guider le troupeau en tant qu’exemples et non pas seulement en paroles (I Pi 5:2-3 Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec dévouement;
 non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. ), car vouloir diriger les brebis sans être le guide à suivre, mais seulement en voulant que les brebis obéissent juste aux ordres qu’on donne, ce n’est pas être un berger tel que Jésus l’a montré (mais c'était plutôt la mauvaise façon de diriger des pharisiens = Mt 23:3 Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas.)
Alors il faut que les anciens soient bien conscients du rôle qu’ils ont acceptés de prendre, de leur propre volonté = c’est le rôle d’exemple, le rôle de celui qu’on suit parce qu’il montre le chemin par l'exemple qu'il est, et non pas seulement par les paroles qu’ils prononcent. (voir la fiche :
Diriger selon l’Homme ou selon Dieu )
I Pi 2:21-25
Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, Lui qui n'a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s'est point trouvé de fraude; lui qui, injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui juge justement; lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes.

Or la charge d’ancien trouve tellement sa substance dans l’exemple (et non pas seulement dans les paroles), que même la chute d’un ancien sera un exemple pour tous, tout comme Jésus a été un exemple pour nous, à la croix, lorsqu’il a revêtu notre péché sur lui (car lui n’avait pas de péché), et qu’il a été exposé à la honte, sur cette croix, à la vue de tous, afin que nous comprenions où nous mènera le péché, si nous ne voulons pas nous repentir, c’est-à-dire si nous ne voulons pas quitter le chemin du péché, pour décider de revenir sur le chemin de Dieu.

Da 12:1(b)-2 En ce temps-là, ceux de ton peuple qui seront trouvés inscrits dans le livre seront sauvés. Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle. (Remarquons qu'ici, il n'est pas mis, en vis-à-vis, la vie éternelle face à la mort éternelle, mais bien la vie éternelle face à la honte éternelle !!! Donc la honte est associée très étroitement avec la mort !!! D'ailleurs, si on y pense bien, tous ceux qui iront en enfer ne cesseront pas d'exister, Satan et ses démons non plus ne cesseront pas d'exister, mais c'est la qualité de l'existence éternelle qui diffèrera par rapport à la vie éternelle = la mort éternelle n'est pas synonyme d'inexistence mais de souffrance et de honte éternelle, ce qui est l'opposé de la vie éternelle où les sauvés seront dans la gloire de Dieu !)

Tout comme le serpent d’airain a été élevé dans le désert, la condamnation du péché a été montrée sur Jésus lui-même, à la croix, car en revêtant le péché des hommes, Jésus a alors servi d’exemple pour montrer que le péché, même sur le Fils de Dieu qui avait pourtant été sans tâche avant, condamne alors, devant la justice de Dieu, quiconque en est revêtu.
Oui, même le Fils unique de Dieu, qui n’avait commis aucun péché, a été condamné sévèrement, lorsque le péché est venu sur lui (même s’il s’agissait de notre péché à nous, car Jésus, lui, n’a jamais péché).
Alors ne pensons pas que nous échapperons, si nous gardons sur nous notre péché et que nous ne voulons pas en sortir par la repentance (= reconnaître que nous devons lâcher notre péché qui est un chemin de mort et de condamnation, pour venir sur le chemin de Dieu, qui est le chemin de la vie), afin d’accepter alors le pardon de Dieu qui nous redonne accès à son chemin par le Saint-Esprit.
Dieu ne fait acception de personne et il juge sans favoritisme : c’est ce que le jugement du péché sur Jésus, le Fils unique de Dieu, à la croix, nous montre mais c’est aussi ce qui doit être montré sur les anciens qui fautent, non pas pour condamner l’ancien en lui-même (si l’ancien veut quitter son chemin d’égarement) mais pour condamner le chemin que l’ancien avait pris.
Oui, l’ancien est aussi un exemple quand il se trompe (il sert alors de contre-exemple, d’indicateur pour montrer que le chemin emprunté ne mène pas à la vraie vie) quand on veut bien suivre ce que la Bible dit. Mais il est donc primordial que le mauvais chemin pris soit clairement identifié en tant que mauvais chemin, en tant que contre-exemple, afin que cela serve aussi à guider le troupeau, car un contre-exemple n’est un élément de guidage que s’il est clairement identifié comme étant un contre-exemple et non pas un chemin possible.

Ainsi un ancien qui avait le rôle d’exemple, de guide à suivre et qui pèche (= s'adonne au péché), ou un frère qui persiste dans son chemin de péché, pouvant alors être une occasion de chute (= un scandale) pour d’autres qui penseraient que le chemin que ce frère prend est possible devant Dieu, puisque ce chemin n’est pas condamné clairement par l’église, doivent être repris devant tous, non pas pour condamné l’ancien ou le frère mais pour condamné le chemin suivi, le chemin ouvert par l’ancien ou le frère qui persiste, car les brebis pourraient penser que ce chemin-là est praticable devant Dieu, si on reste sans jugement !
Apoc 2:14 (Paroles de Jésus à l’ange de l’église de Pergame)
Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité.
Apoc 2:20 (Paroles de Jésus à l’ange de l’église de Thyatire) Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. 

Ainsi, remarquons bien que Jésus, qui n’a pas condamné la femme adultère, a pourtant bien jugé l’acte de cette femme, en disant que c’était bien un péché et qu’il fallait que cette femme abandonne ce chemin de péché. Jn 8 :11(b) « Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. ».
Le problème n’est pas dans le jugement mais dans l’esprit du jugement, dans le but du jugement = condamner le pécheur ou vouloir le pardon du pécheur (mais en comprenant que cela doit passer par la repentance du pécheur, c’est-à-dire que le pécheur veuille abandonner son chemin de péché qui mène à la mort, pour venir sur le chemin de la vraie vie, le chemin de Dieu).
Si on juge pour condamner, ou si on ne juge pas et qu’on laisse alors l’autre dans la condamnation, cela n’est pas plus le but de Dieu qui voudrait ne pas en arriver à la condamnation attachée pourtant au chemin du péché, mais qui veut que le pécheur soit sauvé du péché, soit extirpé du chemin du péché, car la mort (= la non-vie) est la caractéristique de ce chemin, et la fin de ce chemin est la faillite spirituelle (la mort spirituelle), sans aucun doute possible. Dieu a dit : « Tu mourras » à Adam, il n’y avait aucun doute sur l’issue de la désobéissance à Dieu, sur l’issue du péché, car pécher, c’est justement sortir du seul chemin de la "vraie vie véritable" = être tel que Jésus est, être selon le cœur de Dieu. Par conséquent, choisir le chemin du péché, c’est choisir de venir dans la mort (=en sortant de la vie) car le seul chemin de la vraie vie, c’est le "chemin Jésus" = être tel que Jésus est. (Jn 17:3)

Ainsi, ce n’est pas l’homme qui pèche, ce n’est pas le pécheur, qui est visé par l’exposition du péché devant tous, mais c’est le chemin suivi qui est exposé devant tous, afin que cela serve d’indicateur pour se guider : tel chemin ne peut pas être suivi, car il s’avère mener à la perdition, à la mort car il a été jugé comme un chemin d’égarement, de perdition.
Et il faut que cela soit su par le pécheur qui a emprunté ce chemin, mais aussi par l’assemblée, s’il y a eu risque que ce chemin soit mal considéré, soit un piège (=un scandale), si ce chemin n’a pas été jugé comme tel, de façon claire.

Or un ancien qui doit être un exemple, un guide du troupeau qui ouvre le chemin, peut ainsi être une occasion de faire chuter les autres, en suivant ce chemin qui peut être mauvais pour les autres. C’est ça un scandale qu’il faut éviter, comme Jésus a évité de scandaliser les juifs en ne payant l’impôt qui, pourtant, n’était pas logique (payer un impôt dans son propre pays, à celui qui n’est pas du pays … !).

Voilà donc le vrai but de "reprendre devant tous", de mettre devant tous la lumière sur le chemin d’égarement suivi par l’ancien qui a péché ou par un frère qui a été déjà averti à plusieurs reprises mais sans qu’il ne veuille quitter son chemin de péché
= éviter le scandale, selon la vraie définition biblique du mot « scandale », c’est-à-dire éviter qu’un piège d’égarement dans un chemin de péché, ne soit là pour entraîner les autres sur ce chemin d’égarement.

I Tim 5:20
Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte.
Ce « aussi » veut donc dire que cela doit servir à celui qui pèche, comme à tous les autres devant qui on indique que ce chemin mène au jugement devant Dieu lui-même, car Mt 18:18 continue le passage de Mt 18:1-17 , en disant : Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.   En parlant, bien-sûr de ce qui se fait dans le Saint-Esprit et non pas de façon charnelle.

 

Imaginons que la Bible ne nous montrait pas très clairement à nous, tous les lecteurs, qui avons sous nos yeux l’exposition de la vie du roi Saül, que le chemin que Saül avait suivi n’était pas un chemin à prendre pour suivre Dieu. Imaginons que la Bible ne nous expose pas que Saül a été repris par le prophète Samuel, lorsque Saül préféra désobéir à Dieu mais soi-disant pour pouvoir faire des holocaustes à Dieu avec les animaux épargnés (mais en désobéissance à l’ordre de Dieu de tous les tuer). Imaginons que la Bible ne nous dise pas que Saül a été rejeté par Dieu et a fini toute sa vie à ne pas avoir pleinement obéi à Dieu et à n’avoir considéré Dieu que comme un dieu de religion, a fini en allant évoquer les morts et en se suicidant. Imaginons que la Bible ne nous ait donc pas exposé tout cela, mais n’ait fait que parler des victoires de Saül, afin de ne pas trop mettre de honte sur la vie de Saül, afin de ne pas trop "fusiller", de ne pas trop humilier ce roi qui avait quand-même fait des choses pour Dieu, tout-de-même … Est-ce que cela aurait été instructif, pour nous, lecteurs, quant aux chemin à suivre ou au chemin à ne pas suivre pour ne pas s’égarer dans des voies qui mènent à la faillite spirituelle ?

Et si la Bible ne nous avait pas parlé de la faute de David afin de ne pas mettre de honte sur la vie de ce roi pourtant qualifié d’homme selon le cœur de Dieu… Si la Bible ne nous avait pas dit que le roi David avait été sévèrement repris par Dieu, au travers de la bouche du prophète Nathan, et avait été corrigé par Dieu pour le péché d’adultère et de meurtre qu’il avait commis : est-ce que cela aurait conduit à tout l’enseignement que nous en tirons, nous, lecteurs chrétiens, de nos jours, parce que la Bible a ainsi mis à la lumière ce péché du roi David et son jugement ?

Et que dirions-nous de la faute de Moïse, de la vie de Samson, de la faute d’Abraham qui a agi par la chair pour essayer d’obtenir la bénédiction de Dieu en Ismaël, du manque de foi qui est parfois arrivé chez certains hommes de Dieu, etc…. ?

Pourtant tous ces actes qui ne sont pas glorieux et qui sont même parfois assez honteux, ont été exposés, dans la Bible, aux yeux de tous les lecteurs, afin que cela serve de contre-exemple de chemin à ne pas suivre, pour notre enseignement à nous, afin que la crainte de s’égarer vers de "fâcheuses" conséquences terrestres mais surtout spirituelles, puisse être suscitée en nous. 
Oui, nous sommes au crédit de toute cette lumière qui a été mise sur ces actes de péchés et qui nous permet alors de comprendre que tel chemin n’est pas à suivre car la honte et la mort y sont attachés = l’exposition devant nous tous, de ces scandales d’hommes qui ont existé, est là non pas pour qu’on se moque de ces hommes (car nous sommes aussi sujets à la faiblesse nous-mêmes) mais afin que cela nous enseigne.

Et il ne s’agit pas d’histoires fictives mais de la vie d’hommes qui ont existé et qui ont été ainsi exposées devant nos yeux, afin que les autres (c’est-à-dire nous aussi) éprouvent aussi de la crainte.
Pensons que c’est Moïse lui-même qui a certainement dû rédiger le récit de sa faute, que c’est du temps de David que la faute de David a été évoquée dans les écrits (notamment par David lui-même dans son Psaume 51), que c’est du temps des apôtres que le triple reniement de Pierre a été retranscrit, etc … Oui, ces actes ont aussi été révélés du temps des hommes qui les ont commis, afin que cela serve à leurs contemporains aussi, même si cela n’était pas très glorieux pour ces hommes, car la dissimulation pour tenter d’éviter la honte, ne permet pas de bien diriger ou d’éviter les pièges des chemins d’égarement et de faillite.
Et dans la Bible, le peuple d’Israël, le peuple que Dieu a choisi pour qu’il serve d’exemple à nous tous, n’a pas été dépeint que dans ses victoires, pour éviter les déshonneurs pour le peuple de Dieu, mais il a été dépeint aussi dans ses échecs qui n’ont pas été cachés, afin que cela soit pour l’enseignement du peuple d’Israël, ainsi que pour notre enseignement à nous, lecteurs, qui pouvons connaître ces moments les moins glorieux mis en lumière dans la Parole de Dieu.
I Co 10:11 Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles.

Et nous, pensons-nous que nous serions, de nos jours, dans les églises, de meilleurs pédagogues, en usant de dissimulation et de cachoterie, là où la Parole de Dieu dit clairement la façon de traiter ces affaires, parce que nous ne voudrions montrer que les moments glorieux de l’église et que nous voulons éviter de considérer avec humilité et pour notre instruction, nos moments les moins glorieux ? 
Alors qu'il est clairement dit d'agir ainsi, devant tous, pour que les autres en éprouvent de la crainte (la crainte du péché qui conduit à la honte et finit à la mort), est-ce qu'on pourrait alors faire le rapprochement entre le constat que le peuple de Dieu n'éprouve plus la crainte de Dieu et le fait qu'on n'agisse justement plus selon la manière indiquée par la Bible qui dit que cela instaurera la crainte du péché ?...
I Tim 5:21
Je te conjure devant Dieu, devant Jésus-Christ, et devant les anges élus, d'observer ces choses sans prévention, et de ne rien faire par faveur.


 

 

  1. La honte = un marqueur que le chemin suivi est indigne d’être suivi

Prov 8:13(a)
La crainte de l'Eternel, c'est la haine du mal; L'arrogance et l'orgueil, la voie du mal

Jude 22-23
Reprenez les uns, ceux qui contestent; sauvez-en d'autres en les arrachant du feu; et pour d'autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu'à la tunique souillée par la chair.

I Tim 5:20
Ceux (les anciens) qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte.

La crainte de Dieu, la crainte de s’égarer dans la voie du péché est enseignée de façon bien plus concrète et vraie que par des paroles qui ne se matérialisent jamais, lorsqu’elle est vécue, plutôt que lorsqu’elle est juste énoncée.

Or ce n’est pas dans la lapidation ou la mise à mort que Jésus veut déjà nous montrer les effets du péché (bien que le péché nous mènera pourtant, au final, vers ce résultat, car « le salaire du péché, c’est la mort ! » Ro 6:23 ; voir aussi Ananias et Saphira , en Act 5:1-11, qui ont suivi le chemin du péché et qui ont été punis de mort « miraculeusement », conséquence immédiate qui a inspiré de la crainte aux autres, bien qu’il s’agissait du temps de la Grâce et non pas de l’Ancien Testament : Act 5:11 Une grande crainte s'empara de toute l'assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses.).

Mais en I Tim 5:20, c’est une autre conséquence du péché que Jésus veut déjà nous montrer, conséquence qui servira alors aussi d’indicateur pour montrer que le chemin est condamnable, afin que nous ne voulions pas suivre ce chemin mais que nous choisissions le chemin de Dieu qui mène à la vie et nous évite la mort, ainsi que cette autre conséquence que I Tim 5 :20 révèle par l’expérience-même qui sera vécue, par ce qui se révèlera dans le jugement de la valeur de l’acte commis, par un autre jugement que celui du pécheur qui a alors un jugement faussé par une auto-justification trompeuse. Et cet autre conséquence et indicateur que Jésus veut que nous considérions est justement = la honte face à ceux qui ne sont pas égarés dans la même auto-justification et sont donc encore un point de repère non-déchu du bien, et qui peuvent avoir un jugement non-falsifié par une auto-justification mise en œuvre par celui qui est tombé et qui ne veut pas éprouver la honte ! (C’est pour ne pas éprouver la honte par rapport à un repère non-déchu, que celui qui péchait, le faisait d’ailleurs caché "dans les ténèbres", et ne venait pas à la lumière, car en lui, il y avait quand-même son propre jugement qui l’auto-accusait aussi…)

Il faut bien comprendre que ce que Dieu vise, ce n’est pas la condamnation du pécheur mais que le pécheur se repente, que le pécheur veuille, de lui-même, abandonner le chemin du péché, pour venir dans le seul chemin de la vraie vie = le chemin de Dieu (=être tel que Jésus est).
Or comme Dieu veut que cela vienne de la décision volontaire du pécheur (pour ne pas forcer le pécheur que Dieu laisse dans sa liberté de choisir); Dieu veut donc que le pécheur comprenne sa position, pour admettre que son chemin de péché est juste digne d’être abandonné, car c’est un chemin indigne, qui n’est pas la vraie vie, qui n’a pas de valeur de vie véritable.

Et pour cela, Dieu veut que le pécheur puisse se rendre compte, puisse "soupeser" déjà la valeur, le poids du chemin du péché, selon un jugement extérieur à celui du pécheur (mais qui doit surtout être un point de repère du véritable bon chemin et non pas une condamnation pour détruire le pécheur), avant de Dieu n'ait à devoir appliquer la sentence de sa justice, qui sera la révélation entière et concrète de ce qu’est la consistance, l’essence de ce chemin de péché = la mort  (la non-vie) !
La mort, en tant que mort physique, est la révélation concrète de la nature du chemin du péché. Le chemin du péché, de l’éloignement par rapport à Dieu, à Jésus la source de la vie, est le chemin qui sort de la vie, donc le chemin qui ne contient pas la vie, donc le chemin de la mort. Dieu veut qu’on comprenne cela avant que la révélation de cette vérité ne soit complètement et entièrement dévoilée au pécheur qui expérimentera alors, réellement, la nature de ce chemin, ce qui sera alors une révélation mais de jugement, comme pour le riche de la parabole de Lc 16:19-31 qui comprendra la nature du chemin de sa vie, mais trop tard, car il la comprendra après le jugement de Dieu qui révèle la vraie valeur du chemin de vie pécheresse de cet homme = ce chemin est le chemin la mort (la mort spirituelle = l’enfer éternel, être coupé de la Vie pour l’éternité, être coupé de Dieu pour l’éternité.).
Si on jugeait nous-mêmes, sans hypocrisie, la valeur réelle du chemin emprunté, alors nous n’irions pas jusqu’à ce jugement qui montrera concrètement ce qu'est véritablement la valeur de ce chemin. I Co 11:31 Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés.

Et c’est là qu’intervient la notion qui voudrait montrer au pécheur la véritable valeur du chemin du péché, l’indignité du chemin du péché, chemin indigne d’être suivi = la honte qui est attachée à ce chemin. Afin de ne pas en arriver, tout de suite, à montrer la révélation concrète, finale et irrémédiable de ce qu'est la véritable valeur du chemin du péché = la mort (c'est-à-dire que ce chemin n'est pas la vraie vie).

 

L’analgésie congénitale :
En médecine, j’ai entendu parlé d’une maladie un peu spéciale, qui s’appelle l’analgésie congénitale : il s’agit d’une maladie qui apparaît donc dès la naissance et qui est l’absence de la douleur. Les patients atteints de cette maladie ne ressentent pas la douleur.
Alors, quand on entend parler de cette maladie un peu spéciale, on a tendance à croire que c’est un super pouvoir, que c’est un avantage digne des super-héros : être insensible à la douleur !
Comme la douleur est une sensation qui nous est très négative à ressentir, on pourrait se dire qu’alors, être insensible à la douleur, nous rendrait bien service, surtout quand on a une mentalité de macho qui pourrait alors se la raconter au rugby, ou dans les sports de combat, etc …
Mais en fait, cette maladie est un vrai problème, car la douleur a véritablement un rôle pour nous, comme les patients souffrant d’analgésie congénitale peuvent se blesser sans s’en rendre compte. Ils peuvent se fracturer un membre sans s’en rendre compte, se mordre la langue jusqu’au sang sans s’en rendre compte, se brûler ou se couper sans s’en rendre compte, etc …
Ainsi ne pas ressentir la douleur est, en réalité, un véritable handicap pour ces gens qui peuvent alors être (s'ils ne sont pas déjà morts à cause des conséquences indirectes de cette maladie) de vrais collectionneurs de cicatrices, lésions et déformations osseuses dues à des traumatismes non-détectés rapidement, à des brûlures sévères parce qu’ils ne ressentaient pas la douleur de leur peau posée sur un support brûlant, ou même des blessures des gencives ou de la langue causées par des morsures sévères ou un arrachage de dent-de-lait, pratiqué trop tôt par l’enfant qui ne sentait pas la douleur en arrachant sa dent-de-lait qui ne bougeait pas assez et n’était pas prête à tomber …
Et cette absence de douleur entraîne aussi, chez les enfants qui souffrent de cette maladie, un retard de l’apprentissage face au danger. En effet, la douleur permet à l’enfant de pressentir ou de mémoriser les situations à risque, lorsqu’il a ressenti de la douleur dans telle ou telle situation.
Exemples: « si j’appuie trop fort un objet pointu sur ma peau, ça fait mal donc il doit y avoir un danger à appuyer encore un peu plus fort… », « si je touche une casserole d’eau bouillante, ça me cause une douleur sur la main donc je la retire d’un geste brusque et je n’ai alors pas envie de toucher l’eau bouillante qu’il y a dans la casserole », etc … Or quand un enfant ne ressent pas la douleur, cet apprentissage ne se fera pas par le ressenti de la douleur, donc l’enfant ne pressentira pas ni ne mémorisera, de lui-même, les situations à risque. Et au passage, l’enfant aura très bien pu déjà se causer une coupure ou une brûlure, car la douleur ne l’aura pas arrêté dans son geste.
Oui cette sensation de douleur qui nous est désagréable est, en fait, sans qu’on s’en rende compte, un indicateur, un marqueur qui nous dit = « Attention danger ! Il faut réagir pour arrêter ce qui cause cette douleur et créera alors des lésions corporelles graves !», justement parce qu’on ne veut pas garder en nous cette sensation de douleur, qu’on n’aime pas ressentir. Et parce qu’on ressent la douleur à tel ou tel endroit, on comprend que ce qui nous cause cette douleur, vient justement de cet endroit = c’est bien pratique pour localiser une écharde, une fracture d’un os invisible, une entorse de la cheville qu’il ne faudrait pas aggraver en continuant à courir notre marathon, ou un fer-à-souder allumé qu’on n’avait pas vu mais sur lequel on a posé la main.

Tout ceci pour dire que parfois, il y a des sensations (comme la douleur) qu’on n’aime pas ressentir en nous, mais qui ont pourtant leur utilité pour notre bien, pour notre apprentissage et pour notre sauvegarde, dans notre existence ici-bas.

Et un autre marqueur qui peut ainsi être rapproché du marqueur de la douleur, pour la sauvegarde de notre corps, c’est la honte, en tant que marqueur pour la sauvegarde de la santé de notre âme, si cela est conduit par le Saint-Esprit.

Là, je ne parle pas de la honte que les autres veulent nous appliquer de façon charnelle, en se moquant de nous, mais de la honte qui est attachée de façon automatique au péché (lorsqu’il est reconnu ou ressenti en tant que péché) et qui est le marqueur que Dieu peut utiliser pour nous faire comprendre qu’il nous faut sortir du chemin indigne qu’est le péché (chemin du péché qui mène à la mort spirituelle, à plus ou moins longue échéance mais de façon certaine) pour revenir sur le chemin de Dieu, le chemin de la vraie vie véritable, de la vie qui a une réelle valeur.

De même que la douleur est un marqueur qui nous dit « Attention danger ! Il faut réagir pour arrêter ce qui cause cette douleur qu’on ne veut pas ressentir ! » et qui nous permet alors de préserver notre intégrité corporelle ; de même, la honte attachée au péché, est un marqueur que Dieu peut utiliser pour nous dire  « Attention péché ! Il faut sortir de ce chemin indigne qui mène à la mort et revenir sur le chemin de la vie véritable, le chemin de Dieu, afin d’arrêter cette honte qu’on n’aime pas ressentir! », afin de préserver notre intégrité spirituelle et ne pas continuer sur ce chemin qui conduit à la mort spirituelle, si on ne veut pas le lâcher, lorsqu’il est identifié comme péché en nous, par le Saint-Esprit (car on se repose sur le jugement de Dieu et non plus le notre).
 

Donc cette réaction, ce sentiment peut être un indicateur du péché à quitter, lorsque le Saint-Esprit s’en sert pour parler à notre conscience et ce sentiment est même un marqueur bien plus précoce, plus immédiat que la conséquence de mort attachée au péché (car Adam et Eve ne sont pas mort tout de suite, mais ont eu honte très vite). La conséquence de la mort qui est attachée au péché est parfois trop lointaine pour être un marqueur rapide de mauvais chemin, alors que la honte qui n’est pas une conséquence aussi radicale que la mort, peut être ressentie de façon plus immédiate pour indiquer la mauvaise qualité de vie du chemin du péché.
Donc voilà un indicateur qui se révèle plus immédiat et moins radical que la mort pour considérer la valeur du chemin et qui est un indicateur un peu dissuasif, car c’est une sensation qu’on n’aime pas ressentir… La honte attachée au péché, si elle est emmenée par le Saint-Esprit, peut donc être un initiateur pour la repentance, pour quitter le mauvais chemin du péché qui est hors de la vie et revenir dans le chemin de Dieu, le chemin de la vie, afin d’éviter d’aller au stade suivant du châtiment plus poussé que Dieu pourrait utiliser, toujours pour tenter d’emmener le pécheur à la repentance volontaire et véritable, afin de pouvoir lui pardonner pour qu’il revienne marcher sur le chemin de la vraie vie.
Jér 31:18-19 J'entends Ephraïm qui se lamente: Tu m'as châtié, et j'ai été châtié Comme un veau qui n'est pas dompté; Fais-moi revenir, et je reviendrai, Car tu es l'Eternel, mon Dieu. Après m'être détourné, j'éprouve du repentir; Et après avoir reconnu mes fautes, je frappe sur ma cuisse; Je suis honteux et confus, Car je porte l'opprobre de ma jeunesse.

 

Alors est-ce qu’il ne pourrait se dessiner, alors, un certain "intérêt éducatif spirituel" dans cette sensation qu’est la honte ?

Sur le site web Wikipédia, on trouve d’ailleurs cette anecdote sur les aspects positifs de la honte :  (car oui, il peut y avoir un aspect positif à ce sentiment, même chez les païens)
Les aspects positifs de la honte sont de l'ordre de l'éducation, de l'apprentissage de la vie sociale, de l'humanisme. La honte régule les relations sociales. Elle protège chacun en signalant les bonnes limites à ne pas dépasser.
Les Inuits utilisent, par exemple, la honte pour apprendre aux enfants à ne pas traverser la banquise, risque mortel pour eux. Quand un enfant traverse la glace pour la première fois, les Inuits lui font honte, pour lui apprendre à faire attention à ce danger qui peut lui coûter la vie.

Alors je sais que je veux normalement parler de la honte attachée au péché et non pas de la honte que les autres pourraient vouloir nous coller dessus, alors qu’elle n’est pas méritée. Mais on voit quand-même, dans cet exemple des peuples Inuits (les esquimaux), que la honte peut quand-même avoir une utilité d’apprentissage, même si là, la honte est utilisée hors de son contexte initial et pourrait être qualifiée d'utilisation "limite", "borderline" (mais je pense qu'il y a quand-même un bon sentiment derrière cette utilisation et non pas une volonté de faire du mal juste pour le plaisir d'humilier, et que cela doit quand-même rester "bon enfant"). En effet, il n’y a pas de réelle honte à traverser la banquise mais c’est la qualité éducative de la honte qui est détournée, ici, pour préserver d’un danger de mort, à la place d’utiliser l’expérience vécue mais dangereuse de goûter à un bain d’eau glacée sous la banquise ou la correction par le grondement de l’enfant.

La honte attachée au péché n’est donc pas un signe à négliger ou à éviter à tout prix, en se disant qu’il faut absolument l’annihiler, le supprimer, le dissimuler car on ne le verrait que comme un sentiment juste néfaste, sans aucune utilité.
Certes, c’est un sentiment que personne n’apprécie et ne veut ressentir sur soi, ni même sur les autres car cela nous met mal-à-l’aise devant eux, mais c’est justement là que réside l’utilité pédagogique de la honte = éviter les chemins qui mènent à la honte, pour  préserver notre âme de la mort spirituelle où conduit le chemin d'égarement du péché…

II Thes 3:13-15
Pour vous, frères, ne vous lassez pas de faire le bien. Et si quelqu'un n'obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n'ayez point de communication avec lui, afin qu'il éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère.


Tout comme la douleur, cette sensation dont le corps veut se débarrasser mais qui est alors un marqueur  que quelque chose ne va pas, un indicateur comme quoi il nous faut réagir pour faire disparaître cette douleur et qui permet aussi l’apprentissage d’évitement des situations à risque aux enfants, la honte peut avoir la même utilité au niveau de la spiritualité, si elle n’est pas dissimulée. En effet, si un enfant dissimule sa douleur alors qu’il a mal au bas du ventre, sur le côté droit et qu’il s’agisse, en fait, d’une vraie appendicite, est-ce que cela ne serait pas néfaste quant à la santé de cet enfant  ?

 

Exemple : Dans le dessin animé Ratatouille, de Walt Disney, le rat Emile va éviter l’empoisonnement des autres rats de la colonie, grâce à son flair très sensible qui permet de détecter le poison dans un gâteau posé là comme piège (oui, j'aime bien ce dessin animé 😋 ). Car le principe d’un piège (d’un scandale), c’est d’avoir une apparence attractive en surface mais de contenir le poison mortel à l’intérieur, bien dissimulé, non-visible. Et il peut en être ainsi pour certains chemins d’égarement, qui semblent bien appétissants en apparence mais sont des chemins de mort, quand on s’y engage. Et si une "odeur " permet de comprendre que la mort se cache dans ce chemin, comme la mort-aux-rats dans le gâteau, il est alors très intéressant de reconnaître cette odeur pour éviter le désastre, plutôt que d’attendre de constater la mort de ceux qui en mangent pour comprendre que le gâteau était empoisonné. Or c’est justement cette "odeur" que peut représenter la honte attachée au péché, afin de comprendre que le chemin est un chemin qui donne la mort, sans attendre le jugement final de mort pour en arriver à cette conclusion. L'odeur de honte qui marque l'indignité du chemin du péché, doit permettre de reconnaître que la mort est la véritable valeur de ce "gâteau qui semble si appétissant".
Et il est d’ailleurs intéressant qu’en Français, en Jacq 4:9, il soit justement dit de "sentir notre misère" pour revenir à Dieu, en employant donc le même verbe que pour « sentir une odeur » (petit clin d’œil qui ne se trouve peut-être qu’en Français, comme c’est la langue française qui traduit le texte original ainsi…).
Jacq 4:8-10
Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez vos coeurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.
 

Bien évidemment, il ne s’agit donc pas de rechercher la honte (tout comme on n'a pas à rechercher la douleur pour notre corps) mais de comprendre l’utilité de la honte attachée au péché et ne pas l'ignorer (
celle qui naît en nous-même, par notre propre jugement quand nous avons chuté par rapport à un repère qu'on estimait être le bien, à juste titre par rapport à la Parole de Dieu, et non pas la honte que les autres veulent mettre sur nous, car cette dernière n'est pas instructive mais destructrice); honte qui ne devrait pas être alors utilisée pour condamner mais pour instruire, pour faire comprendre, afin d’emmener à l’évitement ou à l’abandon des situations menant à la mort spirituelle.
C’est pour ça que cela doit être quand-même mené par le Saint-Esprit, par amour et dans un but de pardon, afin que la repentance soit l’aboutissement de cette sensation qui peut permettre une remise en question du chemin suivi, alors que le pécheur avait tout fait avant, pendant son égarement, pour éviter de se retrouver dans la confrontation avec le repère qui lui montrerait la honte attachée à son chemin.

Et c’est pour ça que Jésus ne s’est pas évertué à montrer à la femme samaritaine que son chemin était indigne, car cette femme s’en était bien rendu compte comme elle allait puiser l’eau, seule, en pleine chaleur du midi, pour éviter les gens du village : voir la fiche «  Alors la samaritaine ayant laissé sa cruche… ».
Et c’est aussi pour cela que Jésus n’a pas eu non plus à dire à la femme adultère que son chemin de péché était indigne, car cette femme ayant déjà été mise dans la situation d’être reprise devant tous (comme les pharisiens l’avaient dévoilée devant tous), se rendait bien compte, dans sa situation ainsi vécue, que son chemin était honteux face à la loi de Dieu. A elle, ensuite, de savoir si elle voulait rester sur son chemin de péché ou en sortir, car Jésus était justement venu pour permettre de revenir sur le chemin de Dieu, en apportant le pardon à ceux qui veulent sortir du péché, pour revenir en Dieu, c’est-à-dire à ceux qui veulent se repentir (c'est là le vrai but de la mise à la lumière = être emmené à la repentance en constatant, par nous-même, que notre chemin de péché est indigne d'être suivi, avant d'en arriver à la révélation finale et irrémédiable que c'est la mort qui est la véritable essence et finalité de ce chemin).
Oui, avant l’agneau qui ôte le péché du monde, est intervenu Jean-Baptiste qui prêchait le message de repentance, afin de préparer le chemin du Seigneur, le chemin du pardon par la foi dans le sang de Jésus versé à la croix, qui paie le prix de notre rachat face à la justice de Dieu.  Mt 3:2-3 Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Jean est celui qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète, lorsqu'il dit: C'est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.(= reconnaître que le chemin de péché qu’on suit n’est pas digne d’être suivi, voilà ce qu’est « aplanir son sentier » : c’est redescendre le chemin de péché qu’on suivait, à sa juste valeur qui n’est pas digne d’être un chemin à suivre).

 

III /   Conclusion

Un reproche de Dieu à son peuple d’Israël, qui s’égarait de plus en plus loin de lui, dans le chemin de l’iniquité, c’était que le peuple d’Israël ne voulait pas éprouver la honte, ne voulait pas ressentir et reconnaître la honte attachée à son chemin d’égarement.
Et Dieu ne reprochait pas cela juste parce qu’il veut que son peuple ait honte mais parce que la honte attachée au péché et qui naît en soi-même, aurait pu être un initiateur pour aller à la repentance, pour vouloir quitter le chemin du péché et revenir sur le chemin de Dieu en acceptant alors le pardon de Dieu. Mais le peuple, en proscrivant la honte, en faisant taire toute honte par le moyen de la dissimulation et par le moyen de l’endurcissement de leur cœur, par le moyen du déplacement des bornes de la moralité, de l’abaissement du niveau de jugement entre le bien et le mal en eux, se mettait donc en situation de plus en plus éloignée de la véritable repentance sincère.
Ezé 36:31-32 Alors vous vous souviendrez de votre conduite qui était mauvaise, et de vos actions qui n'étaient pas bonnes; vous vous prendrez vous-mêmes en dégoût, à cause de vos iniquités et de vos abominations. Ce n'est pas à cause de vous que j'agis de la sorte, dit le Seigneur, l'Eternel, sachez-le! Ayez honte et rougissez de votre conduite, maison d'Israël!

Soph. 3:5  L'Eternel est juste au milieu d'elle, Il ne commet point d'iniquité; Chaque matin il produit à la lumière ses jugements, Sans jamais y manquer; Mais celui qui est inique ne connaît pas la honte.

Jér 3:3 Aussi les pluies ont-elles été retenues, Et la pluie du printemps a-t-elle manqué; Mais tu as eu le front d'une femme prostituée, Tu n'as pas voulu avoir honte.
Jér 6:15 et Jér 8:12
Ils seront confus, car ils commettent des abominations; Ils ne rougissent pas, ils ne connaissent pas la honte; C'est pourquoi ils tomberont avec ceux qui tombent, Ils seront renversés quand je les châtierai, Dit l'Eternel.


Par conséquent, on peut en déduire que si Dieu n’est pas là pour mettre la honte sur ses enfants juste pour le plaisir de mettre la honte sur quelqu’un (et voudra donc tout faire, avant, pour éviter cela), Dieu n’est pas non-plus pour la dissimulation systématique de la honte attachée au péché, comme la honte peut, au contraire, très bien emmener la crainte de Dieu, qui est la haine du mal (Prov. 8:13), si cela est conduit par le Saint-Esprit.
Et c’est pour cela que Dieu peut se servir de cet indicateur, avant d’en arriver à des actions encore plus fortes pour arriver à faire comprendre aux pécheurs qu’ils doivent se repentir, qu’ils doivent lâcher leur chemin d’égarement qui les conduit à la mort spirituelle, comme ce chemin est un piège pour ces enfants qui l’empruntent (= un scandale pour ses enfants).

Ne faisons donc pas de la honte, une chose à éviter systématiquement, à cacher parce qu’elle n’est pas jolie à exposer, mais sachons, quand l’Esprit nous le montre, trouver l’utilité de cette sensation, pour en arriver à tirer avec humilité et sans condamnation inutile, l’enseignement qui peut effectivement en découler.
Parfois il est bien plus utile d’en parler franchement, en exposant alors ce que cette honte signifie comme indicateur, comme message de Dieu, plutôt que de la cacher derrière une grosse pierre qu’on roulerait dessus, afin de ne pas rougir du chemin qui a été pris, mais chemin d'égarement qu’il faudrait parfois juste exposer, pour pouvoir reconstruire sur le bon chemin.
Adam et Eve ont caché leur nudité car il nous voulaient pas de cette honte qui était apparue avec le péché en eux mais Dieu, lui, a exposé la honte du péché par la nudité de Jésus qui portait le péché du monde à la croix. L'homme veut cacher et éviter la honte mais Dieu, lui, met à la lumière pour faire comprendre que la destination du péché c'est la honte éternelle, l'opprobre éternelle qui sera dans la mort éternelle qui n'est pas une cessation d'exister (car les âmes existeront encore en enfer) mais qui est une qualité d'existence indigne et méprisable, opposée à la gloire et à la valeur hautement digne de la vie éternelle.

Rappelons-nous Néhémie, qui a suscité le mouvement de reconstruction de la muraille de Jérusalem, non pas en dissimulant l’opprobre dans laquelle se trouvait le peuple mais en commençant par mettre justement la lumière sur cet état honteux que les grands du peuple qui vivaient pourtant là, ne préféraient pas voir :
Néh 2:17 Je leur dis alors: Vous voyez le malheureux état où nous sommes! Jérusalem est détruite, et ses portes sont consumées par le feu! Venez, rebâtissons la muraille de Jérusalem, et nous ne serons plus dans l'opprobre.

(Jn 11:1-44)
Et enfin, comprenons bien ce que Jésus demandait comme acte de foi, à ceux à qui il a dit de rouler la pierre qui cachait alors l’odeur de Lazare qui était mort et qui pouvait donc emmener une odeur pas très agréable à ressentir, à sentir.
Pour Marthe, comme Lazare était mort depuis 4 jours, ça devait sentir l’odeur de la mort mais c’est par la foi dans la parole de Jésus qui est résurrection et la vie, que cet acte a été osé, malgré cet odeur de mort qui était attendue, normalement, si on roulait la pierre qui cachait, qui dissimulait le mort.
Oui, Jésus peut nous emmener à mettre à la lumière, par la foi en lui, ce qu’on a honte à exposer, comme cela doit sentir l’odeur de la mort. Mais Jésus peut alors faire un miracle de vie, alors qu’on s’attendait à ne sentir que l’odeur de la mort et de la honte.
Jn 11:39-40
Jésus dit: Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit: Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. Jésus lui dit: Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? 

Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :