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Comme un Béréen

Tu oindras Elisée comme prophète à ta place ...

29 Mars 2019 , Rédigé par Comme un Béréen Publié dans #vie chrétienne

I R 19:16  ...et tu oindras Elisée, fils de Schaphath, d'Abel-Mehola, pour prophète à ta place.

I R 19:16 ...et tu oindras Elisée, fils de Schaphath, d'Abel-Mehola, pour prophète à ta place.

Quand PARTIR ET LAISSER SA PLACE fait partie intégrante du message
( Une façon de focaliser l'attention sur le message et non sur les messagers :
quand des messagers différents se succèdent avec le même message qui demeure et continue ... )

 

I /   Moïse

Une chose m'a souvent interloqué lorsque je lisais le passage du veau d'or, c'est un genre de "ping-pong verbal" entre 3 "entités" (le peuple, L'Eternel et Moïse) qui parlent et qui seraient comme en train de faire une mise au point pour savoir qui l'a réellement fait ....

Exo 32:1
Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'assembla autour d'Aaron, et lui dit: Allons! fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons ce qu'il est devenu.

 

Exo 32:7
L'Eternel dit à Moïse: Va, descends; car ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Egypte, s'est corrompu.

 

Exo 32:11
Moïse implora l'Eternel, son Dieu, et dit: Pourquoi, ô Eternel! ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Egypte par une grande puissance et par une main forte?

 

Ne croyons pas que L'Eternel parle ainsi et répète à Moïse ce que le peuple d'Israël pense (à savoir que ce serait Moïse qui les aurait fait sortir d'Egypte) sans peser ses mots et savoir pourquoi il dit cela ... Car Dieu sait très bien que c'est lui-même qui a fait sortir d'Egypte son peuple, à lui.
Mais Dieu veut que Moïse exprime comment lui, le serviteur, voit les choses, de son point de vue.

Et cela nous sert, à nous, lecteurs, de voir comment Moïse, à cette époque-ci, perçoit les choses et corrige la phrase que le peuple a prononcée selon sa façon de penser, car les hommes voient ce qui frappe le regard. Donc le peuple, voyant ce Moïse qui est bien visible et concret devant leurs yeux, prend ainsi vite le raccourci de se dire que c'est Moïse qui les dirige et les guide. Mais Moïse, en lui-même, à ce moment, rectifie bien la façon de voir les choses, en corrigeant cette fausse façon de regarder et en proclamant que c'est bien Dieu qui dirige le peuple, que c'est bien Dieu qui a fait sortir ce peuple d'Egypte et que ce peuple est le peuple de Dieu et non pas son peuple !
Et pourquoi dis-je que ça nous sert, à nous, lecteurs, de savoir, qu'à ce moment, Moïse voyait les choses de cette façon ?
A cause de ce qu'on appellerait la "faute" de Moïse :
No 20:1-12
Toute l'assemblée des enfants d'Israël arriva dans le désert de Tsin le premier mois, et le peuple s'arrêta à Kadès. C'est là que mourut Marie, et qu'elle fut enterrée.
Il n'y avait point d'eau pour l'assemblée; et l'on se souleva contre Moïse et Aaron. Le peuple chercha querelle à Moïse. Ils dirent: Que n'avons-nous expiré, quand nos frères expirèrent devant l'Eternel? Pourquoi avez-vous fait venir l'assemblée de l'Eternel dans ce désert, pour que nous y mourions, nous et notre bétail? Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d'Egypte, pour nous amener dans ce méchant lieu? Ce n'est pas un lieu où l'on puisse semer, et il n'y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier, ni d'eau à boire. Moïse et Aaron s'éloignèrent de l'assemblée pour aller à l'entrée de la tente d'assignation. Ils tombèrent sur leur visage; et la gloire de l'Eternel leur apparut. L'Eternel parla à Moïse, et dit: Prends la verge, et convoque l'assemblée, toi et ton frère Aaron. Vous parlerez en leur présence au rocher, et il donnera ses eaux; tu feras sortir pour eux de l'eau du rocher, et tu abreuveras l'assemblée et leur bétail.
Moïse prit la verge qui était devant l'Eternel, comme l'Eternel le lui avait ordonné. Moïse et Aaron convoquèrent l'assemblée en face du rocher. Et Moïse leur dit: Ecoutez donc, rebelles! Est-ce de ce rocher que nous vous ferons sortir de l'eau? Puis Moïse leva la main et frappa deux fois le rocher avec sa verge. Il sortit de l'eau en abondance. L'assemblée but, et le bétail aussi. Alors l'Eternel dit à Moïse et à Aaron: Parce que vous n'avez pas cru en moi, pour me sanctifier aux yeux des enfants d'Israël, vous ne ferez point entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne.

 

Ps 106:32-33
Ils
(le peuple d'Israël) irritèrent l'Eternel près des eaux de Meriba; Et Moïse fut puni à cause d'eux,
Car ils aigrirent son esprit, Et il s'exprima légèrement des lèvres.

 

Or que voit-on comme changements en Moïse ?

- Premièrement :  on voit que Moïse n'a pas parlé au rocher comme Dieu le lui a dit mais qu'il a frappé le rocher avec son bâton. Pourquoi ? Parce que c'est ce que Moïse avait eu à faire auparavant, lorsqu'une telle situation s'était déjà présentée en Exo 17:1-7 (En résumé : A Rephidim, le peuple s'était plaint de ne pas avoir d'eau à boire pour étancher leur soif. Moïse cria à l'Eternel qui lui dit de frapper le rocher pour que de l'eau en sorte pour tout le peuple et le miracle se produisit). Et comme la nouvelle situation de No 20:1-12 ressemble beaucoup à cette ancienne situation, Moïse va alors faire comme il avait fait la 1ere fois plutôt que comme Dieu lui a dit (c'est-à-dire juste parler au rocher)  = Moïse va s'appuyer sur son expérience plutôt que sur la parole fraîche de Dieu, plutôt que sur la parole actuelle de Dieu qui se renouvelle chaque fois , comme la manne qu'il fallait ramasser chaque jour (voir la fiche = Les Hauts-Lieux - Il est dangereux de s'appuyer sur le passé et les traditions plutôt que sur Dieu)

 

- Deuxièmement : Moïse va proclamer que c'est Aaron et lui qui vont faire sortir l'eau du rocher... Ils ne vont pas rendre la gloire à Dieu alors que c'est Dieu qui, en réalité, fait sortir l'eau du rocher : eux ne sont que l'outil dont Dieu se sert pour accomplir sa volonté. Et aussi petit que cette faute puisse nous paraître, cela montre déjà que Moïse, à ce moment, n'est plus dans la même pensée qu'au début, qu'en Exo 32:11.
Dieu va donc mettre un "coup de scalpel" dans ce qui pourrait se profiler comme tendance et qui est une tendance qui peut  s'insinuer en nous, petit-à-petit,  au fur et à mesure de notre marche, de nos années d'expérience, de nos années de services... = Croire que nous sommes ceux qui tiennent l'oeuvre, ceux qui sont la cause de la continuation de l'oeuvre; croire que si l'oeuvre tient et survit, c'est parce que, nous, nous faisons...
Dieu ne veut pas que cette pensée puisse commencer à grandir dans ses serviteurs. Et pour cela, Dieu va donc exercer un jugement qui est un "jugement" mais, en fait, pour garder ses enfants : il va faire comprendre à Moïse que l'oeuvre continuera bien sans lui et que ce sera quelqu'un d'autre qui continuera l'oeuvre, que ce sera quelqu'un d'autre qui fera entrer le peuple d'Israël dans le pays promis.
Et comme tout ce qui est écrit dans la Bible l'est pour nous instruire, nous qui lisons, cet épisode est là pour nous faire comprendre cela = Dieu ne veut pas que nous nous chargions d'une charge qui va au-delà de celle que lui a prévue, car l'oeuvre qu'il nous donne n'est pas là pour que cette charge devienne trop lourde pour nous mais pour nous emmener plus près de lui. Donc en s'accaparant la charge au-delà de ce que Dieu prévoyait pour nous, c'est l'oeuvre-même qui va nous écarter de Dieu car c'est par nous-même, charnellement, que nous, nous l'accomplissons de plus en plus, au-delà de ce que Dieu avait prévu comme charge pour nous.

 

Bien que cela puisse paraître comme une sorte de punition, on peut voir l'intervention de Dieu plutôt comme un soulagement de la charge que Moïse avait dû prendre petit-à-petit sur lui-même, avec les années, à conduire un peuple qui ne devait pas être non plus plaisant à conduire tous les jours. Associé à l'expérience qui vient aussi se glisser, au cours du temps, comme des vérités basées non plus sur Dieu mais sur ce qu'on a l'habitude de faire...Tout cela peut faire que cet homme de Dieu ait pu ainsi avoir une tendance à se recroqueviller sur soi et à prendre de plus en plus la charge entière comme étant sa charge alors qu'il s'agit de la charge de Dieu, à porter juste selon la mesure que Dieu a prévue pour nous et non pas au-delà car en Exo 32, Moïse comprenait bien que c'était la charge de Dieu, que c'était le peuple de Dieu et que c'était donc la gloire de Dieu qui était mise à l'épreuve par les difficultés à résoudre. Ainsi, Moïse comprenant tout cela en Exo 32, a bien remis toutes les choses à leur place en ce qui concerne à qui était le peuple, qui avait réellement été celui qui avait fait sortir d'Egypte le peuple d'Israël et par conséquent, qui était celui qui devait donc se soucier de conduire le peuple et de pourvoir aux besoins du peuple et de supporter le peuple pour honorer sa propre gloire = Dieu et non pas lui-même... Ainsi en Exo 32:11-14, on voit que le fait que Moïse avait bien en lui la vision que c'était Dieu qui avait fait et que c'était le peuple de Dieu, emmène Moïse à comprendre aussi que c'était la gloire de Dieu qui était en jeu et cela emmenait donc Moïse à se soucier de la gloire de Dieu dans ces difficultés.
Exo 32:11-14
Moïse implora l'Eternel, son Dieu, et dit: Pourquoi, ô Eternel! ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Egypte par une grande puissance et par une main forte? Pourquoi les Egyptiens diraient-ils: C'est pour leur malheur qu'il les a fait sortir, c'est pour les tuer dans les montagnes, et pour les exterminer de dessus la terre? Reviens de l'ardeur de ta colère, et repens-toi du mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as dit, en jurant par toi-même: Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays dont j'ai parlé, et ils le posséderont à jamais. Et l'Eternel se repentit du mal qu'il avait déclaré vouloir faire à son peuple.

 

Cela n'engage que moi mais je ne pense pas que Moïse ait voulu s'attribuer directement la gloire du miracle de faire sortir l'eau du rocher (comme un opportuniste qui voudrait tirer profit de la puissance que Dieu lui permettait d'exercer). Non, je pense plutôt que Moïse, avec les années à conduire ce peuple, avec l'habitude, avec la fatigue et les soucis que pouvait lui causer ce peuple de façon récurrente (refus d'aller conquérir le pays promis, révolte de Koré et contestation de l'autorité de Moïse et Aaron, manque de foi du peuple et murmures,  avec aussi le chagrin de la mort de sa soeur Marie...), a pris, petit-à-petit, sur lui-même et de plus en plus, la charge (presque dans son "entièreté") de conduire ce peuple et ne s'appuyait plus autant sur cette vérité qu'il proclamait au début, à savoir que c'était du ressort de Dieu de prendre la charge du peuple que Dieu avait fait sortir d'Egypte.
Donc je pense que cette phrase "Est-ce de ce rocher que nous vous ferons sortir de l'eau? " était bien plus dite par Moïse avec la pensée, si on exagère un peu le trait pour bien comprendre : "Il va encore falloir que je m'y colle et que je vous supporte ... Je dois tout faire ici ..." plutôt qu'avec la pensée de vouloir dire "regardez comme moi je suis puissant car j'ai la force de faire sortir de l'eau d'un rocher".

D'ailleurs on a déjà pu voir un peu, chez Moïse, ce trait de caractère à porter tout sur ses propres épaules dans l'épisode de Moïse et de son Beau-Père Jéthro, sacrificateur de Madian (en passant, je tiens juste à faire remarquer qu'ici, Jéthro, un non-juif, était sacrificateur devant Dieu ....)
Ex 18:12-27
Jéthro, beau-père de Moïse, offrit à Dieu un holocauste et des sacrifices. Aaron et tous les anciens d'Israël vinrent participer au repas avec le beau-père de Moïse, en présence de Dieu.
Le lendemain, Moïse s'assit pour juger le peuple, et le peuple se tint devant lui depuis le matin jusqu'au soir. Le beau-père de Moïse vit tout ce qu'il faisait pour le peuple, et il dit: Que fais-tu là avec ce peuple? Pourquoi sièges-tu seul, et tout le peuple se tient-il devant toi, depuis le matin jusqu'au soir? Moïse répondit à son beau-père: C'est que le peuple vient à moi pour consulter Dieu. Quand ils ont quelque affaire, ils viennent à moi; je prononce entre eux, et je fais connaître les ordonnances de Dieu et ses lois.
Le beau-père de Moïse lui dit: Ce que tu fais n'est pas bien. Tu t'épuiseras toi-même, et tu épuiseras ce peuple qui est avec toi; car la chose est au-dessus de tes forces, tu ne pourras pas y suffire seul. Maintenant écoute ma voix; je vais te donner un conseil, et que Dieu soit avec toi! Sois l'interprète du peuple auprès de Dieu, et porte les affaires devant Dieu. Enseigne-leur les ordonnances et les lois; et fais-leur connaître le chemin qu'ils doivent suivre, et ce qu'ils doivent faire. Choisis parmi tout le peuple des hommes capables, craignant Dieu, des hommes intègres, ennemis de la cupidité; établis-les sur eux comme chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante et chefs de dix. Qu'ils jugent le peuple en tout temps; qu'ils portent devant toi toutes les affaires importantes, et qu'ils prononcent eux-mêmes sur les petites causes. Allège ta charge, et qu'ils la portent avec toi. Si tu fais cela, et que Dieu te donne des ordres, tu pourras y suffire, et tout ce peuple parviendra heureusement à sa destination.
Moïse écouta la voix de son beau-père, et fit tout ce qu'il avait dit. Moïse choisit des hommes capables parmi tout Israël, et il les établit chefs du peuple, chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante et chefs de dix. Ils jugeaient le peuple en tout temps; ils portaient devant Moïse les affaires difficiles, et ils prononçaient eux-mêmes sur toutes les petites causes. Moïse laissa partir son beau-père, et Jéthro s'en alla dans son pays.

Ainsi on voit déjà que Moïse avait déjà été corrigé par rapport au fait de porter la charge sur ses épaules seules et la correction avait été de repartir la charge avec d'autres hommes capables devant Dieu (répartition "horizontale").

Et dans ces 2 mauvaises façons qu'a eues Moïse de conduire l'oeuvre, on retrouve, comme par "hasard", la relation verticale et la relation horizontale de l'alliance.
Relation verticale car c'est en s'appuyant sur Dieu et en ayant foi et connaissance profonde que même l'oeuvre que nous menons est l'oeuvre de Dieu et que c'est Lui qui a réellement la charge de l'oeuvre, que nous pourrons supporter le chemin.
Mais aussi relation horizontale car il est bon que comprendre que nous ne sommes pas seuls non plus pour l'oeuvre car Dieu veut qu'on comprenne que les autres frères et soeurs en Christ sont aussi là pour nous aider le long du chemin, combien-même notre ministère, notre oeuvre serait importante au niveau de la portée de l'oeuvre (car bien-sûr, au niveau spirituel, toute oeuvre en Christ, aussi insignifiante aux yeux des hommes puisse-t-elle paraître, est  jugée par Dieu selon la même échelle = suivre son Dieu humblement en obéissant par la foi - voir la fiche Les Autels Bâtis ).
Ainsi, même dans ce domaine, on voit que Dieu veut la relation verticale et la relation horizontale de l'Alliance et le fait que l'oeuvre puisse se poursuivre sans nous et que le plan de Dieu se poursuivra d'ailleurs même quand nous ne serons plus là (répartition de l'oeuvre sur la "longueur, dans le temps") , peut être vu comme une diminution de notre importance dans l'oeuvre si on regarde avec une intelligence non-renouvellée mais aussi et plutôt comme un fait qui montre que c'est Dieu qui est aux commandes et que ce n'est pas un homme qui a tout construit lui-même.
C'est d'ailleurs à ce principe de "répartition sur la longueur" de l'oeuvre, oeuvre qui continue après la mort du dirigeant "visible" initial, que se réfère Gamaliel, pourtant opposant au christianisme mais qui reconnaît qu'une oeuvre qui continue après la mort du dirigeant "visible", a peut-être une origine et un fondement qui sont au-delà de l'Homme :
Act 5:34-39
Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit: Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens. Car, il n'y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes: il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l'époque du recensement, et il attira du monde à son parti: il périt aussi, et tous ceux qui l'avaient suivi furent dispersés. Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre Dieu.

 

Ainsi il arrive parfois que chemin faisant, avec tous les combats, les épreuves, la fatigue mais aussi avec l'expérience, les habitudes, la routine, on puisse, comme Moïse, se laisser prendre par la charge et "se l'accaparer" au-delà de ce que Dieu veut mais, pourtant, sans mauvaise intention mais en croyant bien faire...
Mais Dieu n'est pas pour que ses serviteurs soient écrasés par la charge mais pour qu'ils apprennent à venir vers Lui pour rester justement sous sa dépendance, sous le besoin d'avoir recours à Lui (pour rester prêt de Lui, avec Lui). Car les versets de Mt 11:28-30 ne s'appliquent pas que lorsqu'on vient vers Dieu la 1ere fois mais aussi pour tous les jours de notre vie de chrétien qui sert Dieu.
Mt 11:28-30
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

Et si la charge semble lourde pour 1 homme, c'est certainement parce que Dieu a justement aussi prévu les autres frères et soeurs pour nous aider au présent (et quelle encouragement de voir que Dieu met une unité de l'oeuvre chez nos frères et soeurs, par le Saint Esprit qui nous unit) et nous laisser prendre conscience que la relation horizontale de la Nouvelle Alliance est nécessaire et pas superflue. (Jésus a prié pour que l'unité de l'Eglise soit une preuve, un témoignage que Jésus, qui bâtit son Eglise, est envoyé de Dieu = Jn 17:20-23).

Et Dieu a aussi prévu les autres chrétiens du futur, pour nous faire comprendre que l'oeuvre ne dépend pas de nous mais de lui qui la fera continuer (et nous faire donc relâcher la pression concernant l'oeuvre, qui aurait pu se déposer petit-à-petit, de façon charnelle, un peu trop sur nos épaules ).


Ainsi Elie qui  oeuvrait avec détermination, lui aussi, contre Achab et Jézabel et tous les idolâtres qui allaient vers Baal, a lui aussi eu son moment où, se recroquevillant sur lui-même, se croyait seul et a "comme porté l'oeuvre" seul, sur ses épaules, pour finir dans une dépression. Mais Dieu va le secourir en lui faisant voir, déjà, qu'au présent, il n'était pas seul et ensuite que l'oeuvre allait se continuer après lui (et pour Elie, c'était la révélation dont il avait besoin pour repartir, car lorsque Dieu lui a parlé, Il ne lui a dit que ça, il ne lui a pas dit qu'il allait le rendre encore plus fort et plus puissant pour vaincre tout cela, etc ... )
I R 19:9-18

Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l'Eternel lui fut adressée, en ces mots: Que fais-tu ici, Elie? Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Eternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie.
L'Eternel dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Eternel! Et voici, l'Eternel passa. Et devant l'Eternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l'Eternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l'Eternel n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu: l'Eternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Quand Elie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Elie? Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Eternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie.
L'Eternel lui dit: Va, reprends ton chemin par le désert jusqu'à Damas; et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie. Tu oindras aussi Jéhu, fils de Nimschi, pour roi d'Israël; et tu oindras Elisée, fils de Schaphath, d'Abel-Mehola, pour prophète à ta place. Et il arrivera que celui qui échappera à l'épée de Hazaël, Jéhu le fera mourir; et celui qui échappera à l'épée de Jéhu, Elisée le fera mourir. Mais je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n'ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l'a point baisé.

 

II /   Jésus

A-t-on déjà fait attention au fait que Dieu se présentait souvent comme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob = le Dieu d'une "lignée", d'une "descendance", comme pour montrer qu'il est un Dieu dans la "longueur du temps", qui continue de se révéler sur une lignée et non pas juste à 1 homme, car sa révélation se poursuit ?
D'ailleurs, l'unité spirituelle de la Bible, unité de cette révélation de Dieu aux hommes, qui a été écrite sur plusieurs siècles, n'est-elle pas aussi un signe que ce livre est une révélation qui est au-delà de l'invention d'un seul homme ? Est-ce qu'on se rend toujours compte qu'en faisant un parallèle entre tel passage de la Bible dans le Nouveau Testament et tel autre passage de la Bible dans l'Ancien Testament, on est en train de relier des époques différentes dans le temps, des auteurs différents tant au niveau de l'époque à laquelle ils vivaient qu'au niveau de qui ils étaient eux-mêmes (des rois, des bergers,des prisonniers, des hommes de lettre, des ministres ou hauts dignitaires de certains royaumes, des ouvriers pécheurs ou anciens religieux extrémistes qui se sont convertis ensuite, des jeunes, des plus âgés, des hommes vivants pendant des temps fastes, des hommes déportés et en exil dans d'autres pays, des hommes vivant en temps de guerre ou de paix ....). Mais malgré toutes ces diverses époques et diverses personnes, la Bible garde une unité, l'unité de la révélation de Dieu pour les hommes, qui se résume, au final, par : Jésus.
D'ailleurs, c'est la Parole incarnée (Jésus) qui va parler de cette unité de la révélation de la Parole écrite, quand Jésus va expliquer, aux 2 disciples sur le chemin d'Emmaüs, comment toutes les Ecritures parlaient de la révélation de Dieu incarnée dans une chair d'homme :
Luc 24:25-27
Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

On constatera aussi que de nombreux hommes de Dieu ont été emmenés, par Dieu, à préparer leur succession après leur mort :
- Moïse a préparé sa succession en introduisant Josué dans le rôle de conducteur du peuple d'Israël
- David a préparé sa succession en introduisant Salomon dans le rôle de roi d'Israël
- Elie a oint Elizée comme successeur en tant que prophète de l'Eternel, à sa place
- Jean-Baptiste a laissé certains de ses disciples aller suivre Jésus qui est l'Epoux de l'Eglise alors que Jean-Baptiste n'était que l'ami de l'Epoux ( en Jn 1:26, Jean-Baptiste dit d'ailleurs de Jésus = "il y a quelqu'un ....qui vient après moi ...")

Quant à Jésus, lui-même a laissé sa place à son successeur = Le Saint-Esprit , et Jésus a préparé ses disciples à cette succession, en les prévenant à plusieurs reprises que le Saint-Esprit prendrait la suite pour continuer la révélation de Dieu (en continuant de leur révéler Jésus) :
Jn 14:16-17  Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous.

Jn 14:25-26  Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous. Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

Jn 16:7  Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai.

Et outre cette succession que Jésus met en place pour son successeur divin , le Saint-Esprit, Jésus va aussi vouloir une succession en longueur dans le temps et en largeur sur ses disciples qui constitueront l'Eglise après son départ mais aussi dans les temps qui suivront jusqu'à maintenant, afin que la révélation de l'Evangile, la révélation de Dieu au travers de Jésus, se poursuive au travers de l'Eglise par le Saint-Esprit = continuation de l'oeuvre de la propagation de l'Evangile dans le sens de la longueur du temps et dans le sens horizontal afin que cela rende témoignage que Jésus était bien de Dieu et que l'oeuvre de Jésus n'était pas l'oeuvre d'un homme mais l'oeuvre de Dieu, comme Gamaliel le disait lui-même en Act 5:34-39 (voir le passage au paragraphe 1, plus haut).
 

Jn 17:19-23 :
l'unité de la véritable Eglise dans le sens horizontal, c'est-à-dire entre les disciples, mais aussi dans le sens de la longueur dans le temps, c'est-à-dire que l'oeuvre ait une unité dans la continuation aussi avec les futurs disciples des temps suivants, se dresse comme signe de la divinité de l'oeuvre de Jésus :
Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité.
Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, - moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.

La Bible avec ses 66 livres différents écrits à des époques différentes, au cours du temps, selon l'avancée de la révélation de Dieu aux hommes, et écrits par des auteurs différents, atteste que "quelque chose" de plus grand que l'intelligence d'un seul homme a conduit cette révélation à travers ces différents canaux (différents dans le sens horizontal mais aussi dans le sens de la "longueur dans le temps"). Or les disciples de l'Eglise de Christ sont aussi comme des livres vivants, dont la vie, conduite par Dieu, par le Saint-Esprit, témoigne que "quelque chose" de plus grand que chacun d'eux "écrit" sa révélation qui est une, au travers de leur vie (si ces vies sont, bien-sûr, réellement dirigées par Dieu  et ne sont pas seulement des vies d'apparence chrétienne).

III /   Mais pourquoi fallait-il que Jésus parte ?

Jésus a dit qu'il était préférable qu'il parte afin que le Saint-Esprit vienne car sinon, le Saint-Esprit ne pouvait pas être envoyé par Jésus.
Mais on peut alors se poser la question : mais pourquoi ça ?

Pourquoi fallait-il que Jésus parte pour que le Saint-Esprit prenne le relai ? Pourquoi Jésus ne pouvait-il rester en même temps que le Saint-Esprit pour continuer l'oeuvre ?

Certes, je n'ai pas la réponse entière à cette question en ma possession, mais aux vues de tout ce que j'ai écrit dans les paragraphes précédents, on comprend qu'une direction de réflexion peut quand-même être émise, même si, je le répète, je ne me permets pas d'affirmer que ce soit la seule réponse possible.

En effet, souvenons-nous d'une parole de Jésus importante prononcée à la Samaritaine et concernant la direction que Dieu veut en terme d'aboutissement de la relation entre l'Homme et Dieu  :
Jn 4:19-24
Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité.

On voit que Jésus veut que la Samaritaine, comme lorsqu'il lui parlait d'eau mais spirituelle, comprenne qu'il faut parvenir à décrocher des choses physiques ou naturelles pour aller vers les choses spirituelles car Dieu est esprit donc c'est dans le domaine des choses de l'esprit, des choses spirituelles, qu'il faut venir vers Dieu.
C'est vrai que Dieu avait effectivement dit au peuple juif, qu'il fallait aller à Jérusalem pour l'adorer. Mais il s'agissait d'une étape prévue par Dieu pour arriver à la révélation finale que même la Jérusalem dont Dieu parle vraiment est à comprendre au sens spirituel. Dieu parle par des choses physiques mais pour illustrer les réalités spirituelles difficiles à comprendre pour nous les hommes physiques.
Voir : Gal 4:22-26

Car il est écrit qu'Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. Mais celui de l'esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. Ces choses sont allégoriques; car ces femmes sont deux alliances. L'une du mont Sinaï, enfantant pour la servitude, c'est Agar, - car Agar, c'est le mont Sinaï en Arabie, -et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants. Mais la Jérusalem d'en haut est libre (imagée par Sarah), c'est notre mère;
On voit donc que Dieu veut emmener les hommes vers la compréhension des choses spirituelles (qui sont dans son "monde" de l'esprit) et que pour cela, Dieu se sert des choses physiques et naturelles que l'Homme peut comprendre. Mais ce que Dieu veut, ce n'est pas qu'on s'arrête à la chose d'ici-bas qui sert d'illustration mais qu'on en vienne à comprendre que ce que Dieu veut réellement nous révéler, c'est les choses spirituelles.
Donc, par exemple, ce n'est pas à la ville physique de Jérusalem qu'il faut s'arrêter mais il faut comprendre que c'est parce que Dieu veut qu'on soit spirituellement dans la Jérusalem spirituelle pour venir l'adorer. Or on voit déjà , selon Gal 4:22-26, que cette Jérusalem spirituelle est déjà la liberté par le Saint-Esprit (liberté par rapport à l'esclavage de la religion, car c'est ce que le chapitre de Gal. 4 expliquait). Ou encore comprendre que Jérusalem qui veut dire "Possession ou Habitation de la Paix" en Hébreux, est aussi une allégorie pour dire que c'est dans la paix, le coeur habitant dans la "ville de paix en Jésus", qu'on peut adorer Dieu (donc Dieu veut notre coeur en paix et "habitant dans la paix" pour pouvoir l'adorer car alors on est dans "sa ville spirituelle de paix" qui permet de le comprendre, de le connaître...)

On a encore un autre exemple bien frappant de Jésus qui essaie d'expliquer les choses spirituelles à un homme qui restait bloqué sur les choses physiques ou naturelles en entendant ce que Jésus essayait de lui expliquer par une allégorie : Nicodème
Jn 3:1-12
Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître? Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit: Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit.
Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire? Jésus lui répondit: Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses! En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?

Ainsi Jésus veut que nous parvenions à comprendre qu'il nous faut aller vers les choses spirituelles et non rester au niveau des choses physiques d'ici-bas, comme pour la ville de Jérusalem qui est l'endroit où on doit adorer Dieu mais qui doit être comprise dans son sens spirituel et non pas uniquement dans son sens physique d'ici-bas.



Or il y avait aussi quelque chose, ici-bas, dont il fallait qu'on détourne les yeux pour regarder à la signification profonde et spirituelle qu'elle "matérialisait" et cette chose allait être, en elle-même, un sérieux obstacle à ce mouvement du physique, du naturel vers le spirituel. Et cette chose est = Jésus, lui-même, en tant que l'homme physique, en tant que l'homme visible et perceptible par nos yeux physiques.

Alors, là, je vais expliquer un peu , pour ne pas qu'on dise que je prétendrais qu'il ne fallait pas que Jésus ait un corps physique... Non, il fallait évidemment que Jésus vienne dans un corps physique, en tant qu'homme, pour manifester le chemin parfait que l'homme doit prendre pour plaire à Dieu et surtout pour être l'agneau parfait qui devait être crucifié pour payer le prix du rachat de nos péchés à la croix.

Mais d'un autre côté, il ne fallait pas que le regard des hommes ne s'arrête qu'à la présence physique de Jésus sur terre. Non, Jésus est plus qu'un homme bon et ayant oeuvré pour le bien des hommes qu'il a aidés (comme ont été d'autres hommes qui ont peut-être apporté des bénéfices là où ils étaient). Jésus est la Parole de Dieu qui est venue s'incarner sur terre pour qu'on voit comment tous les "principes et lois et aspirations, etc... de Dieu", comment tout le coeur de Dieu pour l'homme, toute la volonté de Dieu pour l'homme, se manifesterait dans un homme qui respecterait exactement ce que Dieu est. Mais aussi, Jésus en tant que Parole incarnée de Dieu a aussi illustré ce que les hommes font de cette volonté de Dieu pour l'homme, ce que les hommes font de ce coeur d'amour que Dieu veut manifester à l'homme, ce que les hommes font (au niveau spirituel) à Dieu dont ils ne veulent pas écouter la Parole et surtout suivre la Parole. Le sort physique que les hommes ont manifesté à Jésus illustre ce qui se passe spirituellement au niveau du coeur de Dieu quand les hommes ne veulent pas de sa Parole, tout comme les hommes de l'époque (et surtout les religieux) ont rejeté Jésus qui, justement, exprimait la Parole de Dieu puisqu'il était la Parole de Dieu incarnée, exprimée dans un corps d'homme.

Même certains disciples, tels que Philippe, qui voyaient Jésus à longueur de journée ne perçaient pas ce que Jésus était réellement, spirituellement parlant, car ils ne s'arrêtaient qu'à la vision de l'homme Jésus : Jn 14:8-9 Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père?
Et de nos jours, comment pouvons-nous encore, dans certaines églises, tergiverser sur la couleur de la peau de Jésus et vouloir que Jésus soit blanc ou noir ou bronzé  ? S'arrêter à de telles discussions, c'est justement ce que Jésus ne voulait pas = qu'on ne comprenne pas que ce qu'il est, c'est au niveau spirituel qu'il faut le comprendre. Certes Jésus est venu en tant qu'homme ici-bas, mais ce n'est pas pour qu'on le cherche lui en tant que l'homme qu'il était. Beaucoup ont suivi Jésus pour les actions que Jésus faisait physiquement, concrètement dans leur vie (les pains et le poissons qu'il donnait pour les nourrir, les maladies qu'il guérissait, l'aide pécuniaire qu'il distribuait aux pauvres ...) et certes cela a fait du bien aux gens, mais ce n'est pas à ça que Jésus veut qu'on s'arrête mais il faut qu'on comprenne ce qu'il est réellement spirituellement : La Parole de Dieu incarnée pour montrer le Chemin, la Vérité, la Vraie Vie, la Révélation du Père aux hommes, l'Agneau venu payé le prix pour le rachat de nos péchés ... 

Repensons à Moïse dans le 1er paragraphe, ce Moïse qui était regardé par le peuple comme étant celui qui conduisait le peuple alors que c'était Dieu qui conduisait et gardait réellement le peuple. Mais le peuple ne s'arrêtait qu'à ce qu'il voyait par ses yeux et cela menait alors à ne plus considérer Dieu comme étant celui qui faisait, celui qui portait...Moïse, malgré lui, pouvait donc être un moyen de détourner les yeux de Dieu pour attirer les regards sur un homme visible. Or je pense que Jésus devait justement éviter que ce même travers ne revienne avec lui en tant qu' homme qui exista à cette époque, en tant qu'homme juste historique.

D'ailleurs, l'autre consolateur que Jésus a envoyé, qui était prévue pour succéder à Jésus qui avait une enveloppe physique et visible, est : le Saint-Esprit donc un esprit pas visible.
Or cet autre consolateur n'était pas du tout au niveau physique mais uniquement au niveau spirituel (c'est un esprit sans corps physique), ce qui peut paraître un peu bizarre vu que Jésus en parlait comme "un autre consolateur", ce qui pouvait faire penser que ce consolateur serait comme lui... Et cet autre consolateur est effectivement comme Jésus mais au niveau de ce que Jésus est spirituellement, pas au niveau de son aspect physique...
Et quelle est la particularité du Saint-Esprit dans la Bible sinon que le Saint-Esprit ne veut pas être regardé lui mais qu'il veut nous aider à porter nos regards spirituels sur ce que Jésus est : la manifestation du coeur du Père.
Ainsi, par le fait que Jésus n'est plus physiquement ici mais que son successeur soit un esprit qui s'efface afin qu'on ne vienne qu'au Père, par le moyen de Jésus, tout est mis en place pour que Dieu soit le centre de notre attention spirituelle.
Jn 14:6 Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Ce que Jésus est vraiment et ce qu'il a voulu révélé aux hommes, ce n'est pas son corps, son aspect, ni même l'homme historique qu'il fût avec les faits juste historiques qu'il a accomplis... mais c'est ce qu'il est spirituellement :  la Parole de Dieu qui a été incarnée et c'est ça qu'il faut retenir = la Parole, le chemin à suivre pour avoir la Vie, pour connaître Dieu.
Si les miracles physiques, si les bénédictions de Dieu pour ici-bas ne nous emmènent pas à tourner les regards vers Dieu pour le considérer lui, alors ces dons de Dieu peuvent être de l'idôlatrie qui nous détourneront du but = connaître Dieu. Si l'homme Jésus est simplement vu en tant que personnage historique, qu'un homme bon qui a existé sur terre, alors cette façon de regarder à Jésus est exactement ce pourquoi Jésus a dû partir afin qu'on ne fixe pas l'homme qui a vécu sur terre mais qu'on regarde Jésus comme la révélation de Dieu donnée aux hommes pour que les hommes reviennent à Dieu (= restauration du lien rompu depuis le péché originel au Jardin d'Eden). Jésus est venu pour nous ramener au Père.

Voilà ce que Jésus disait sur l'adoration dans sa forme finale et abouties qui doit revenir à Dieu :
Jn 4:23 Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

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